Côte d’Ivoire: Détonations devant les résidences des chefs de l’opposition
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Côte d’IvoireDétonations devant les résidences des chefs de l’opposition

Ces incidents surviennent alors que la commission électorale ivoirienne s’apprête à annoncer les résultats de l’élection présidentielle.

Plusieurs habitants des quartiers où habitent ces leaders ont confirmé avoir entendu des «explosions» ou «coups de feu». (Image d’illustration)

Plusieurs habitants des quartiers où habitent ces leaders ont confirmé avoir entendu des «explosions» ou «coups de feu». (Image d’illustration)

AFP

Des détonations provoquées par des individus non identifiés, et qui n’ont fait aucun blessé, ont résonné lundi soir devant les domiciles à Abidjan de quatre leaders de l’opposition, qui avaient annoncé vouloir former un gouvernement de transition, au surlendemain de l’élection présidentielle, selon leurs témoignages et des habitants.

Ces incidents surviennent alors que la commission électorale est dans la dernière ligne droite de l’annonce des résultats du scrutin, qui devrait voir le président ivoirien Alassane Ouattara, en quête d’un troisième mandat controversé, remporter une écrasante victoire en raison du boycott de l’opposition.

«Nous étions chez le président (Henri Konan) Bédié. Nous avons entendu huit coups. C’était très fort. Les vitres ont tremblé. Les jeunes dehors m’ont dit avoir vu des véhicules passer à vive allure. Personne n’a été blessé», a déclaré à l’AFP Maurice Kakou Guikahué, le numéro deux du principal mouvement d’opposition, présidé par Henri Konan Bédié. La situation est ensuite redevenue calme devant la résidence d’Henri Konan Bédié qui se situe dans le quartier huppé de Cocody, dans la zone des ambassades.

Milices de «microbes»

Des événements similaires se sont produits dans le quartier de Riviera 3 (est d’Abidjan) chez un autre leader de l’opposition, Assoa Adou, secrétaire général de la branche du Front Populaire ivoirien, qui avait présenté la candidature de l’ex-chef d’État Laurent Gbagbo.

«Il y a eu des coups de feu. Il y avait des gens armés. Ils ont bloqué les deux issues de ma rue. Certains étaient en civils, d’autres en tenue. Je crois qu’il s’agit de milices de «microbes» (nom donné aux milices pro-gouvernementales par l’opposition)», a affirmé à l’AFP Assoa Adou. «Ils ne sont pas rentrés chez moi», a-t-il ajouté. Non loin de là, la maison de Pascal Affi N’Guessan, porte-parole de l’opposition a aussi été prise pour cible. «Des gens arrivés dans une voiture banalisée ont jeté des explosifs puis se sont enfuis», a déclaré à l’AFP Eddie Ané, un proche de l’ancien Premier ministre.

Enfin à Marcory, quartier du sud, des détonations ont été entendues devant le domicile d’Abdallah Albert Mabri Toikeusse, ancien ministre qui a rejoint l’opposition avant le scrutin. «Ils ont lancé des bombes lacrymogènes et quelques rafales. Ma sécurité a riposté et ils sont partis. Ils étaient à bord de six pick-up», a-t-il dit à l’AFP par messagerie.

Plusieurs habitants des quartiers où habitent ces leaders ont confirmé avoir entendu des «explosions» ou «coups de feu». L’opposition a annoncé lundi qu’elle allait former un gouvernement de transition, alors que le pays attend l’annonce de la réélection du président Ouattara. Les violences qui ont émaillé le scrutin ont fait au moins neuf morts. Elle a notamment annoncé lundi soir «la création du Conseil national de transition (…) présidé par Henri Konan Bédié».

(AFP/NXP)

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