Argentine: Dette: les créanciers rejettent l’offre de Buenos Aires
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ArgentineDette: les créanciers rejettent l’offre de Buenos Aires

Les créanciers de l’Argentine, insatisfaits de son offre visant à restructurer sa dette, lui ont fait lundi une contre-proposition. Mais Buenos Aires l’a refusée.

Un passant à Buenos Aires.

Un passant à Buenos Aires.

AFP

Les créanciers de l’Argentine ont rejeté la dernière offre du gouvernement afin de restructurer 66 milliards de dollars (62 milliards de francs) de la dette du pays, tout en présentant une contre-proposition. «Impossible» de changer cette offre, a rétorqué Buenos Aires.

«L’offre de l’Argentine n’est pas suffisante par rapport à ce que les groupes de créanciers peuvent accepter», indique le texte rendu public lundi, à quelques semaines de la date limite du 4 août fixée par Buenos Aires aux détenteurs d’obligations pour accepter ou non sa proposition. Les créanciers n’ont pas dévoilé la teneur de leur contre-proposition.

Les trois groupes (Exchange Bondholders, Ad Hoc et Argentina Creditor Committee) se sont dits confiants dans le fait qu’une «solution de consensus» pourrait être trouvée afin d’assurer une «viabilité économique future pour le peuple argentin».

Droit de veto

Ces créanciers assurent représenter un tiers des détenteurs d’obligations émises sous législation étrangère et qui font l’objet de la restructuration en cours. Ce pourcentage leur permet d’exercer un droit de veto sur l’offre du gouvernement du président Alberto Fernandez (centre gauche), selon les experts.

La réaction n’a pas tardé: le président argentin a estimé lundi «impossible de changer» la dernière offre de Buenos Aires, qui représente déjà «un effort très, très grand». «Le fait de proposer une meilleure offre mettrait déjà en péril l’avenir. Ce que je cherche, c’est que l’Argentine résolve un problème de telle sorte qu’elle n’ait pas à continuer à discuter avec les créanciers», a déclaré Alberto Fernandez à la télévision publique argentine.

L’Argentine souhaite régler la question de sa dette mais la balle est désormais «dans le camp des créanciers», avait estimé mercredi dernier le ministre de l’Économie Martin Guzmán dans une interview. «Dans l’offre que nous avons faite, nous avons atteint la limite de ce que l’Argentine peut faire pour prendre soin de l’économie argentine et en même temps chercher un accord avec nos créanciers», avait-il ajouté.

«L’effort maximal»

«Une proposition a été faite (en avril). Nous avons vu que nous étions loin des aspirations (des créanciers), nous l’avons révisée et nous avons fait l’effort maximal, et l’offre actuelle est la dernière. J’espère qu’ils le comprennent», avait pour sa part déclaré le 14 juillet Alberto Fernandez.

Le gouvernement argentin a présenté le 7 juillet sa nouvelle offre de restructuration. Les discussions sur la restructuration, lancées le 20 avril, ont déjà été prolongées plusieurs fois. Elles devaient en principe s’achever le 24 juillet. Mais la limite a été reportée au 4 août.

Cette offre s’élève à 53,5 dollars de recouvrement pour chaque tranche de 100 dollars de la valeur nominale des obligations. L’offre initiale était de 39 dollars et avait été rejetée par la majorité des créanciers. En outre, le délai de grâce est ramené de trois à un an.

L’Argentine, troisième économie d’Amérique latine, a manqué le 22 avril une échéance de 500 millions de dollars liée à sa dette, avant d’entrer un mois plus tard officiellement en défaut de paiement. Malgré ce défaut, les négociations ont continué.

(AFP/NXP)

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