Italie: Dette: Rome promet de mieux sans dire comment
Actualisé

ItalieDette: Rome promet de mieux sans dire comment

L'Italie a promis vendredi à l'UE de faire mieux pour assainir ses finances publiques. Sans préciser sa stratégie.

Le ministre italien de l'économie Giovanni Tria a promis vendredi de faire mieux dans sa réponse aux demandes de clarifications de la Commission européenne sur la détérioration des finances publiques italiennes. Il n'a toutefois pas dit, comment il allait s'y prendre.

La lettre a donné lieu à un nouveau psychodrame au sein de la coalition populiste entre la Ligue (extrême droite) et le mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème). Le M5S s'est insurgé dans l'après-midi contre une première version ayant fuité dans la presse. Le texte évoquait des coupes dans les mesures sociales du gouvernement.

Le document final, envoyé dans la soirée, n'en fait plus mention, mais relève que le coût de ces mesures, essentiellement le revenu de citoyenneté et l'abaissement de l'âge de la retraite, reste pour l'instant inférieur à ce qui avait été prévu dans le budget 2019.

Accompagné d'un document de 58 pages sur l'état de l'économie italienne, la lettre de quatre pages de M. Tria reconnaît «la nécessité» de réduire le déficit budgétaire afin de faire repartir à la baisse le ratio dette/PIB.

«Flat tax»

Sans envisager de modification du budget actuel, le ministre explique qu'un programme de «révision des dépenses courantes» est en cours dans le cadre de l'élaboration du budget 2020. Mais il prévient aussi que le gouvernement a l'intention de mettre en place la «flat tax» (taux d'imposition unique) chère à la Ligue et d'éviter les hausses des TVA.

Première étape avant de possibles sanctions contre Rome, la lettre envoyée mercredi par la Commission européenne réclamait des «clarifications» sur l'évolution de la dette publique italienne - 132,2% du PIB en 2018, bien au-delà du seuil de 60% fixé par les règles européennes - et de son déficit structurel.

La question est d'autant plus pressante que l'Italie a encore revu à la baisse son estimation de croissance du PIB au premier trimestre: 0,1%, le plus mauvais résultat de l'UE.

Dans ces conditions, la Commission européenne devrait recommander le 5 juin l'ouverture d'une «procédure pour déficit excessif», qui pourrait aboutir à terme à des sanctions allant jusqu'à 0,2% du PIB, soit environ 3 milliards d'euros pour l'Italie. (nxp/ats)

(NewsXpress)

Ton opinion