Actualisé 10.07.2020 à 11:50

Economie mondiale

Dettes publiques: le Covid fait plus mal que la Seconde Guerre mondiale

La dette publique mondiale atteindra en 2020 un pic historique, selon les dernières projections du Fonds monétaire international (FMI).

Archives/Photo d’illustration.

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AFP

La dette publique mondiale va grimper cette année à un niveau inédit dans l'histoire pour représenter 101,5% du PIB mondial, soit plus qu'à l'issue de la Seconde Guerre mondiale, soulignent des responsables du Fonds monétaire international dans un article de blog publié vendredi

Pour autant, Gita Gopinath et Vitor Gaspar, respectivement économiste en chef et directeur du département des finances publiques, estiment que les gouvernements devraient se garder de réduire trop tôt leurs dépenses en faveur de leur économie au risque sinon de compromettre la reprise.

«Alors que la trajectoire de la dette publique pourrait continuer à dériver dans un scénario défavorable, un resserrement budgétaire trop précoce présente un risque encore plus grand de faire dérailler la reprise, avec des coûts budgétaires futurs plus importants», écrivent-ils.

Ils soulignent que l'équation est difficile puisqu'il s'agit pour les gouvernements de stimuler durablement leur économie terrassée par la crise sanitaire sans que leur dette ne devienne insoutenable.

11’000 milliards

Ils invitent ainsi à la dépense budgétaire tant que la pandémie n'est pas terminée tout en prenant acte de l'incertitude entourant la capacité des pays à renouer avec des niveaux de dette supportables.

Au total, les gouvernements ont dépensé près de 11’000 milliards en aides aux ménages et entreprises affectées par la paralysie économique résultant du confinement décrété pour contenir le nouveau coronavirus.

Pour le moment, «nombre de gouvernements profitent de coûts d'emprunts qui sont à des plus bas historiques» et les taux d'intérêt devraient rester à ces niveaux «pendant longtemps», notent les responsables de l'institution de Washington.

«Comme les économies devraient évoluer en deçà de leur potentiel pendant un certain temps, les pressions inflationnistes resteront modérées, tout comme la nécessité pour les banques centrales de relever les taux d'intérêt», notent-ils.

«Un plan budgétaire crédible»

Le Fonds table sur une stabilisation de la dette publique mondiale en 2021, exception faite des Etats-Unis et de la Chine. Mais la prudence s'impose.

«Il y a une diversité dans les niveaux de dettes et les capacités financières selon les pays», commentent-ils. Et l'incertitude entourant les projections économiques reste grande. Les taux d'intérêts pourraient ainsi augmenter rapidement, en particulier dans les économies émergentes.

Ils ajoutent qu'il sera pourtant «essentiel de retrouver le chemin de l'équilibre budgétaire durable dans les pays qui sont entrés dans cette crise avec une dette déjà élevée et une croissance faible», visant notamment les pays développés. A moyen terme, ils invitent les gouvernements à poursuivre «un plan budgétaire crédible».

Celui-ci pourrait reposer sur une meilleure mobilisation de leurs revenus «notamment en réduisant au maximum l'évasion fiscale» ou en instaurant une taxation plus forte du carbone.

Autre idée avancée: la réduction des dépenses en éliminant notamment les subventions aux énergies fossiles, le FMI prônant, à l'instar de nombreux acteurs en faveur de l'environnement, une reprise économique «verte».

(AFP)

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52 commentaires
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Mickey

11.07.2020 à 08:03

La nature régulariserait t’elle la surpopulation ?..

Sabine

10.07.2020 à 15:30

Mais quelle grande nouvelle, juste que JAMAIS en temps de guerre ou épidémie le monde n'a été semi ou confiné, pratiquement tout fermé, les gens avaient continué de faire tourner les usines, magasins commerces et autres. Et n'en déplaise à certains ce covid n'a pas fait plus de morts ou positifs que les autres grippes contagieuses transmissibles et tueuses et 2 guerres.

Brace Forimpact

10.07.2020 à 14:32

Le Covid ne fait qu'accélérer la récession qui est en marche depuis très longtemps, même avant 2008. La dette a toujours été plus rapide que la création des richesses et donc, c'est une charge reportée sur l'avenir. Aujourd'hui, cette dette vaut 3x le PIB Mondial et elle ne sera jamais remboursée. C'est le système bancaire fractionnaire et de la monnaie Fiat des banques centrales qui impriment comme si c'étaient des confettis. A terme, soit les faillites en cascade figeront le système financier, soit les banques centrales créeront encore plus de confettis pour tenter de boucher les trous. C'est alors l'hyperinflation de la masse monétaire et donc, la destruction de la valeur de leur monnaie papier confettis.