13 novembre: Deux ans après, Paris craint la menace interne
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13 novembreDeux ans après, Paris craint la menace interne

Deux ans après les attentats de Paris et du Bataclan, la France se demande toujours comment limiter les radicalisations.

Image d'archive. Après les attentats du 13 novembre 2015 qui ont fait 130 morts et 350 blessés, d'autres attaques ont tué plus d'une centaine de personnes en France.

Image d'archive. Après les attentats du 13 novembre 2015 qui ont fait 130 morts et 350 blessés, d'autres attaques ont tué plus d'une centaine de personnes en France.

Keystone

Deux ans après les attentats du 13 novembre 2015, la France reste confrontée à une menace essentiellement interne. Situation qui a conduit les autorités à adopter une loi antiterroriste musclée, au grand dam des défenseurs des droits humains.

«La France, parce qu'elle a été agressée, lâchement, violemment, sera impitoyable à l'égard» de l'Etat islamique, prévenait François Hollande, alors président, le soir des attentats les plus meurtriers de ces dernières décennies.

En deux ans, les djihadistes ont perdu du terrain au Levant et une trentaine d'attentats ont été déjoués en France grâce à des renseignements venus de l'étranger et à l'état d'urgence en vigueur sans interruption depuis deux ans, selon le ministère de l'Intérieur.

Prolongé à six reprises, ce dernier a été levé le 1er novembre pour être remplacé par une loi antiterroriste, décriée par les défenseurs des libertés individuelles et des droits humains. Mais cette politique n'a toutefois pas permis d'éviter une douzaine d'attaques qui ont pris pour cible civils, forces de sécurité et qui ont fait une centaine de morts de plus.

Attaques «low-cost»

«Presque deux ans jour pour jour après les attentats, nous avons gagné», a dit Emmanuel Macron jeudi. Mais tout n'est pas terminé, a-t-il aussi ajouté. Car l'Etat islamique conserve un pouvoir de nuisance sur le territoire français: il revendique régulièrement des attaques, comme celle de Magnanville, de Nice et de Saint-Etienne du Rouvray en 2016, ou plus récemment l'attaque de Marseille.

«La menace est de plus en plus endogène (...) et nous devons adapter notre propre organisation et nos propres réactions», a noté Emmanuel Macron lors de son discours aux forces de sécurité le 18 octobre. Elle peut «surgir à tout moment, sous les traits de n'importe quel visage».

Il faut donc s'assurer «que ne subsiste aucun angle mort», a ajouté le chef de l'Etat, notamment grâce au centre national de contre-terrorisme (CNCT) mis en place cet été et placé sous son autorité directe. Car depuis 2015, les attaques coordonnées de type commando ont cédé la place à des attaques dites «low-cost» et à un «terrorisme de proximité», selon l'expression du procureur de Paris François Molins.

Dans cette optique, le traitement des centaines de combattants et de leurs familles qui souhaitent rentrer en France constitue un nouveau casse-tête sécuritaire et humain, notamment concernant les enfants.

Prévention

Autre nerf de la guerre, la prévention de la radicalisation commence à se mettre en place. Un comité interministériel doit se tenir en décembre pour arrêter un nouveau plan national.

Les collectivités territoriales, les associations et les services éducatifs vont être mobilisés pour identifier les comportements les plus à risque et les dérives, en coopération étroite avec les magistrats.

Ouvert en 2016, l'unique centre de «déradicalisation» de France a lui été fermé en juillet 2017, l'expérience ne se révélant pas «concluante», selon le ministère de la Justice. En août, le gouvernement a fait savoir qu'il envisageait de mobiliser les hôpitaux psychiatriques pour repérer les personnes susceptibles de passer à l'acte.

Où en est l'enquête?

Menée par six juges d'instruction, l'enquête tentaculaire sur les attentats - 220 tomes de procédure et un peu plus de 28'000 procès verbaux - n'a pas encore permis de lever l'ensemble des «zones d'ombres» qui planent toujours sur le rôle de certains protagonistes des attentats de Paris.

Au total, «nous avons 13 suspects, cinq détenus en Belgique, sept en France, un en Turquie», a dit le procureur de Paris François Molins vendredi. «On a un dossier suffisamment avancé pour expliquer qui est allé en Syrie et leurs conditions de retour en Europe en 2015».

Seul survivant du commando, Salah Abdeslam a été arrêté en Belgique en 2016 et transféré en France où il a été mis en examen, notamment pour «participation à une association de malfaiteurs terroriste en vue de la préparation d'un ou plusieurs crimes d'atteinte aux personnes».

Lundi matin, le chef de l'Etat rendra hommage aux 130 morts et 350 blessés du 13 novembre en se rendant successivement au Stade de France, dans les cafés et restaurants touchés et à la salle de concert du Bataclan, qui a rouvert. Il sera accompagné de François Hollande et de la maire de Paris Anne Hidalgo. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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