Pakistan: Deux attentats font au moins 16 morts
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PakistanDeux attentats font au moins 16 morts

Deux attentats ont secoué vendredi matin la région de Peshawar, dans le nord-ouest du Pakistan. Au moins quatorze personnes ont été tuées par un kamikaze dans un tribunal.

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Au moins 14 personnes ont été tuées par un kamikaze dans un tribunal de la ville de Mardan. (Vendredi 2 septembre 2016)

Au moins 14 personnes ont été tuées par un kamikaze dans un tribunal de la ville de Mardan. (Vendredi 2 septembre 2016)

AFP
L'assaillant a tiré pour forcer l'entrée du tribunal puis lancé des grenades avant de déclencher sa veste explosive au milieu de la foule. (Vendredi 2 septembre 2016)

L'assaillant a tiré pour forcer l'entrée du tribunal puis lancé des grenades avant de déclencher sa veste explosive au milieu de la foule. (Vendredi 2 septembre 2016)

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Un kamikaze a attaqué un tribunal de la ville de Mardan, à 60 km à l'ouest de Peshawar. L'assaillant a tiré pour forcer l'entrée du tribunal puis lancé des grenades avant de déclencher sa veste explosive au milieu de la foule présente en ce début de matinée, a indiqué un policier local, Ejaz Khan. Le kamikaze avait au moins huit kilogrammes d'explosifs dans sa veste.

«Il y a d'abord eu une petite explosion suivie d'une explosion puissante», a déclaré Haris Habib, qui dirige les secours de Mardan, précisant que les corps de juristes, policiers et civils ont été retirés des décombres. L'attentat a fait également près d'une soixantaine de blessés.

L'ombre des talibans pakistanais

L'attaque a été revendiquée par Jamaat-ur-Ahrar (JuA). Cette branche pakistanaise des talibans est déjà soupçonnée d'être à l'origine de certaines des attaques les plus sanglantes commises dans le pays.

Cette même organisation a en revanche assumé la responsabilité de l'attaque suicide qui a visé plus tôt un quartier chrétien défavorisé de la périphérie de Peshawar. Cette opération a fait au moins deux morts, un garde de sécurité et un civil.

Quatre kamikazes au moins ont participé à l'attaque. Ils ont été tués par les forces de sécurité, a précisé le général Asim Bajwa, porte-parole de l'armée, sur son compte Twitter.

Les militaires, appuyés par des hélicoptères, ont échangé des tirs avec les assaillants portant des gilets explosifs qui s'étaient attaqués à ce quartier proche du barrage de Warsak, juste au nord de Peshawar, capitale provinciale du Khyber Pakhtunkhwa.

Instaurer la charia

Le JuA a revendiqué l'attaque dans un message affirmant que les kamikazes avaient tué de nombreux «infidèles». Les talibans exagèrent souvent leurs bilans. Dans ce message, un porte-parole du JuA, Ehsanullah Ehsan, a assuré que les talibans mèneraient des attaques «jusqu'à imposer un système islamique au Pakistan».

Cette faction du mouvement taliban pakistanais (TTP) a également revendiqué les deux attaques les plus meurtrières de 2016: un attentat suicide visant les chrétiens à Lahore (centre) qui avait fait 75 morts le week-end de Pâques, et celui visant les avocats à Quetta (sud-ouest) qui avait fait 73 morts le 8 août dernier.

Discriminations et violences sont le lot quotidien des minorités au Pakistan, république islamique dont plus de 90% de la population est musulmane. Avocats et juges sont également régulièrement visés par des assassinats ciblés ou des attentats.

«Cibles faciles»

L'armée a lancé en juin 2014 une opération visant à démanteler les bases arrière de la myriade de groupes islamistes armés qui agissaient jusque-là en toute impunité, notamment dans les zones tribales du nord-ouest du Pakistan, frontalières de l'Afghanistan.

Le Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif a condamné l'attaque de vendredi à Peshawar, assurant que les groupes armés étaient «sur la défensive» et montraient «leur frustration en attaquant des cibles faciles». «Ils ne trouveront nulle part où se cacher au Pakistan», a-t-il assuré. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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