Actualisé 23.01.2007 à 19:04

Deux DJ arrêtés pour avoir réalisé des mixtapes

DJ Drama et son collègue DJ Don Cannon ont été arrêtés pour violation de droits d'auteur. Tous leurs biens ont été saisis.

Alertée par la RIAA (Recording Industry Association of America), l'équivalent de la Suisa pour les Etats-Unis, la police a débarqué mardi passé dans les bureaux de Drama, célèbre DJ d'Atlanta. Elle a saisi plus de 80'000 disques, quatre véhicules, du matériel d'enregistrement et divers autres biens «découlant d'activités illicites».

L'arrestation et la perquisition ont été couvertes par la chaîne de télévision locale Fox News comme s'il s'agissait du démantèlement d'un réseau de trafic de drogue.

Un procédé illégal qui arrange tout le monde

Les mixtapes existent depuis de nombreuses années dans le milieu hip-hop. Cassettes mixées dans les premières années, les mixtapes se retrouvent depuis quelques années sous formes de CD. Ce sont les DJ qui les mixent avec des morceaux inédits, des remixes et bien entendu des morceaux tirés d'albums. Tout cela se fait sans demander les autorisations aux maisons de disques qui sont cependant enchantées de ce procédé puisqu'il s'agit d'un outil de promotion énorme pour leurs artistes sans qu'elles n'aient à verser un seul centime.

Les mixtapes, un passage obligé pour réussir

Comme l'indique le New York Times, les rappeurs qui veulent percer sont obligés de passer par les mixtapes, beaucoup plus efficaces que les maisons de disques pour les promouvoir. Le rappeur 50Cent s'est fait connaître en étant omniprésent sur les mixtapes des DJ new-yorkais. Actuellement il est l'un des plus riches rappeurs au monde avec une fortune estimée par le magazine Forbes à 750millions de dollars en 2006.

Dj Drama avait également rendu célèbres sa série de mixtapes appelées «Gangsta Grillz». Lorsqu'il permettait à un nouvel artiste de participer à l'une de ses mixtapes, cela était vécu comme un événement par le public et comme un honneur par l'artiste choisi.

Trafiquant de drogue ou de musique : même combat pour la police

Pour les compagnies gérant les droits d'auteur il s'agit cependant d'une violation de la loi, comme l'a indiqué à MTV Brad Buckels, patron de la section anti-piratage de la RIAA : «Que ce soit une mixtape ou une compilation ou quoi que ce soit, ça n'a pas d'importance, si c'est un produit qui viole la loi, ça devient une cible».

Placé en détention provisoire, DJ Drama a pu sortir après le versement d'une caution de 100.000 dollars.

(fab)

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