Initiatives populaires - Deux élues UDC relancent l’assaut contre l’avortement

Publié

Initiatives populairesDeux élues UDC relancent l’assaut contre l’avortement

Après de vaines tentatives au Parlement, deux conseillères nationales veulent faire voter le peuple sur de nouvelles restrictions pour réduire le nombre d’IVG pratiquées en Suisse.

par
Yannick Weber

Encore une tentative de restreindre l’accès aux interruptions volontaires de grossesse: les deux conseillères nationales Yvette Estermann (UDC/LU) et Andrea Geissbühler (UDC/BE) ont lancé, mardi, deux initiatives populaires, relèvent les médias alémaniques et la RTS. La première veut imposer un délai de réflexion d’une journée avant de pouvoir réaliser une IVG. La deuxième s’attaque aux avortements dits tardifs et veut accorder un «droit absolu» à la vie aux bébés dès le moment où ils pourraient survivre hors du ventre de leur mère

Des propositions plus ou moins similaires ou détaillées ont déjà été déposées récemment au Parlement et ont reçu un accueil froid de la part du Conseil fédéral. Concernant le délai de réflexion (qui était de trois jours dans la proposition aux Chambres), il estime que son «introduction ne ferait que retarder inutilement les choses» et rappelle que «le Code pénal prévoit qu’avant toute interruption de grossesse, le médecin doit s’entretenir lui-même de manière approfondie avec la femme enceinte».

Population contre les restrictions

Concernant la réduction du nombre d’IVG tardifs, le gouvernement rappelle que celui-ci est déjà faible en comparaison internationale. En 2018, seuls 5% des interruptions de grossesses ont été réalisés après la 12e semaine. «Le Conseil fédéral ne voit pas la nécessité de prendre des mesures dans ce domaine», disait-il en réponse à la motion d’Yvette Estermann, qui n’a pas encore été traitée par le Conseil.

Ces vingt dernières années, le peuple suisse a voté à deux reprises sur le droit à l’avortement, avec à chaque fois un résultat largement en faveur du fait de garantir aux femmes l’accès à l’IVG. En 2002 tout d’abord, le peuple acceptait par 72,2% des voix de légaliser l’avortement. Plus récemment, en 2014, l’initiative qui demandait que les IVG ne soient plus prises en charge par l’assurance, soutenue par l’UDC, était rejetée par 69,8% des personnes ayant pris part à la votation.

Ton opinion

196 commentaires