Genève: Deux élus en viennent aux mains pour un strapontin
Actualisé

GenèveDeux élus en viennent aux mains pour un strapontin

Des conseillers municipaux de la Ville de Genève se sont bagarrés mardi soir lors de la première séance de la législature 2015-2020. Ils voulaient s'asseoir sur le même siège. Plainte pénale a été déposée.

par
David Ramseyer/tpi

«C'était surréaliste!» Le nouveau président du parlement de la Ville de Genève Carlos Medeiros n'en revient toujours pas, 24 heures après les faits. «C'était des gamins dans un bac à sable!» Deux élus du même bord politique se sont bagarrés en pleine séance inaugurale, mardi soir. Enjeu de cette lutte fratricide: ils voulaient poser leur auguste fessier sur le même strapontin. Plainte pénale pour lésion corporelle, notamment, a été déposée, a révélé Léman Bleu.

Et là, c'est le drame...

Le drame s'est joué en trois actes, avec dans les rôles titres le socialiste Pascal Holenweg et le chef du groupe Ensemble à Gauche (EàG) Tobias Schnebli. Acte I: alors que les places n'étaient en fait pas encore attribuées au sein de l'hémicycle, chacun a cru - de bonne foi a priori - que le 4e siège de la 3e rangée était aux mains de son parti. En début de séance, un élu d'Ensemble à gauche pose donc ses affaires sur le pupitre, aussitôt éjectées par Pascal Holenweg qui officie à cette place depuis des années. Acte II: profitant d'une absence inopinée du socialiste, Tobias Schnebli reconquiert le territoire perdu. Il s'assied. Acte III: Pascal Holenweg tente d'expulser l'envahisseur. Se faisant, il déchire la chemise et griffe le cou de sa victime. Qui témoigne: «J'étais assis, il m'a attaqué par surprise, moi je ne l'ai pas frappé.»

Après l'altercation, l'élu du PS est resté toute la soirée debout, planté derrière son siège abandonné, tandis que les élus d'EàG se sont relayés pour occuper le strapontin. «On a tous monté les tours. Oui, c'est une histoire de bac à sable», admet Pascal Holenweg.

Parlement municipal consterné

Son chef du groupe parle d'un «incident regrettable qui s'est envenimé. Il faut maintenant discuter, communiquer.» Grégoire Carasso juge par contre «pathétique» la plainte qui frappe son collègue de parti. Mais pour EàG, l'agression physique est inacceptable. L'affaire sera traitée prochainement par le bureau du Conseil municipal.

Nouvel élu chez les Verts, Joris Vaucher, âgé de 28 ans, se dit «extrêmement déçu et outré» par cette première expérience. «J'espère que le niveau sera plus élevé durant la suite de cette législature.» Le PLR Simon Brandt note lui que «pour les élus de gauche, le véritable enjeu de cette séance inaugurale aura donc été de savoir où ils allaient s'asseoir…»

La droite s'allie contre l'Exécutif

La démarche se veut «inédite». Lundi, PDC, PLR, UDC et MCG ont adressé un courrier commun au Conseil administratif de la Ville de Genève. Dans ce texte dévoilé par Léman Bleu figurent les exigences des 43 élus de ces partis, sur les 80 que compte le Conseil municipal. Les signataires réclament notamment une modernisation du statut du personnel, la limitation des tarifs des places en crèche et refusent toute hausse d'impôts.

En mai dernier, le président du PDC cantonal avait pourtant exclu toute alliance avec l'UDC et le MCG. La section communale réfute le terme d'alliance et dit ne pas avoir à faire «valider» sa politique par sa hiérarchie.

Ton opinion