Genève: Deux élus voulaient se faire payer la nounou: niet
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GenèveDeux élus voulaient se faire payer la nounou: niet

Un couple de députés a sollicité la prise en charge des frais de garde de leur bébé. La réponse du bureau du Grand Conseil équivaut à un refus.

par
jef/dtt
Les députés socialistes Salima Moyard et Cyril Mizrahi, respectivement enseignante et avocat, souhaitaient que les frais de nounou pour la garde de leur fille soient remboursés par le Grand Conseil.

Les députés socialistes Salima Moyard et Cyril Mizrahi, respectivement enseignante et avocat, souhaitaient que les frais de nounou pour la garde de leur fille soient remboursés par le Grand Conseil.

«On décourage les jeunes parents d'exercer des fonctions politiques», peste Cyril Mizrahi. Lui et sa femme Salima Moyard sont élus PS. Ils désiraient que le Grand Conseil leur paie la nourrice «ou trouve solution de garde, quelle qu'elle soit» quand ils siègent en même temps en plénière et en commission. Le Bureau a tranché: ils ne pourront être défrayés que si aucun titulaire ou suppléant ne peut les remplacer. Autant dire jamais.

Le député avait pourtant invoqué la nouvelle Constitution, qui prévoit que l'Etat «prend des mesures pour permettre aux personnes élues de concilier leur vie privée, familiale et professionnelle avec leur mandat.» Le Bureau refuse d'expliquer sa décision. Il semble néanmoins que la requête l'a irrité. Il aurait estimé que puisque ledit texte constitutionnel prévoit des élus suppléants, autant s'en servir.

Le cénacle est partagé. Nathalie Fontanet (PLR) juge qu'une aide pour les plénières se justifie «car on ne peut choisir son horaire». Mais pour les commissions, «un couple peut s'organiser. L'Etat ne peut pas tout faire. Ma réponse aurait peut-être différé s'il s'était agi d'une mère célibataire démunie.» Pour la Verte Emilie Flamand, le vrai problème est les séances en soirée, que son parti combat. «Tant que les horaires ne sont pas revus, le paiement des frais de garde est un emplâtre sur une jambe de bois.» Vincent Maitre (PDC), au contraire, pense que le Bureau n'aurait même pas dû discuter. «Faire de la politique, c'est accepter de se sacrifier.»

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