Actualisé 04.07.2020 à 12:50

France

Deux ex-agents secrets jugés par une Cour spéciale pour avoir trahi

L’un des espions avait été interpellé à l’aéroport de Zurich, en décembre 2017. L’affaire est classée secret-défense et le procès, qui débute lundi, devrait se tenir à huis clos.

Une mosaïque figurant dans le bâtiment de  la Cour d’assises de Paris.

Une mosaïque figurant dans le bâtiment de la Cour d’assises de Paris.

AFP

C'est un procès digne de la série «Le Bureau des légendes» qui va débuter ce lundi en France. Surtout, le cas est extrêmement rare: deux ex-agents secrets français sont soupçonnés de trahison après avoir été «retournés» par les services chinois. Ils seront jugés devant la Cour d'assises spéciale de Paris.

Pierre-Marie H. et Henri M. comparaissent notamment pour «livraison d'informations à une puissance étrangère», «atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation», «intelligence avec une puissance étrangère». Ces deux hommes qui travaillaient pour la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), le service d'espionnage français, encourent 15 ans de prison.

Ces anciens agents ont été inculpés et placés en détention en décembre 2017, alors qu'ils étaient déjà à la retraite. Depuis, Pierre-Marie H. a été libéré sous contrôle judiciaire. Son épouse, Laurence H., sera également jugée, notamment pour «recel de bien provenant d'intelligence avec une puissance étrangère de nature à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation».

Huis-clos probable

Ils comparaissent devant une cour d'assises spéciale, composée uniquement de magistrats professionnels. Mais ce dossier ultra-sensible sera probablement jugé à huis clos en raison du risque d'atteinte au secret-défense.

Quand l'affaire avait été révélée en mai 2018, les autorités françaises avaient parlé d'un cas d'une «extrême gravité». Les deux suspects sont «soupçonnés d'avoir commis des actes susceptibles d'être qualifiés d'actes de trahison (...) et susceptibles de mettre en cause les secrets de la défense nationale», avait déclaré la ministre des Armées, Florence Parly.

Le ministère de la Défense avait alors assuré que la DGSE elle-même avait détecté la fuite et «porté à sa propre initiative ces faits à la connaissance du procureur de Paris». Mais les autorités étaient restées très évasives sur les faits et n'avaient même pas dit au profit de quel pays les agents auraient trahi.

Liaison avec son interprète

Les deux accusés auraient, selon plusieurs médias, espionné le renseignement extérieur français pour le compte de Pékin. Les deux hommes se sont côtoyés au contre-espionnage à la DGSE.

En 1997, Henri M. a été nommé représentant officiel de la DGSE à Pékin, où il a occupé le poste de deuxième secrétaire à l'ambassade. Mais il a été rappelé en France début 1998, après avoir entamé une liaison avec l'interprète chinoise de l'ambassadeur. Il a pris sa retraite quelques années plus tard et est retourné en Chine en 2003, où il a épousé l'ex-interprète, avec laquelle il s'est installé sur l'île de Hainan, dans le sud de la Chine.

Pourquoi ont-ils été interpellés si tard? Il y aurait eu, selon un connaisseur du dossier, une faille au sein de la DGSE et Henri M. n'aurait pas été surveillé pendant des années après son départ à la retraite.

Interpellé à l’aéroport de Zurich

Pierre-Marie H. a quant à lui été arrêté à l'aéroport de Zurich avec du liquide après avoir rencontré un contact chinois sur une île de l'Océan indien. Lui n'a jamais été en poste à l'étranger. Mais outre le contre-espionnage, il est passé par la surveillance des organisations de masse, dont les syndicats.

En quoi les deux hommes sont-ils liés, au-delà de l'ombre de la Chine? Les hypothèses sont nombreuses mais une chose est sûre: ils étaient surveillés depuis plusieurs mois lorsqu'ils ont été arrêtés.

Franck Renaud, journaliste et auteur du livre «Les Diplomates», dans lequel il évoque le cas de Henri M., met en avant le contexte «très lourd entre la France et la Chine dans les années 1990», après Tian’anmen et l'affaire de la vente de frégates françaises à Taïwan. «C'est une affaire qui a posé pas mal de problèmes à la DGSE, qui a dû rapatrier des yeux et des oreilles du dispositif qu'elle avait installé en Chine», a expliqué Franck Renaud à l'AFP.

Le verdict sera rendu le 10 juillet.

(AFP)

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23 commentaires
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04.07.2020 à 16:09

Ben oui, a payer les gens comme des clodos pour servir des idéaux a la con voila ce qui arrive mdr

Quelque un qui aime lhistoire

04.07.2020 à 14:05

@Stan j’espère que vous n’enseignez pas l’histoire.

Futur chinois

04.07.2020 à 13:45

Les chinois seront de toute façon nos futurs maîtres alors autant leur fournir toutes les informations dont ils ont besoin. Le monde serait tellement plus simple s'il serait gouverné par une seule puissance.