Suisse: Deux F/A-18 escortent un avion d'El Al
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SuisseDeux F/A-18 escortent un avion d'El Al

Un avion de la compagnie aérienne israélienne El Al a été intercepté et escorté par deux F/A-18 dans le cadre d'une mission de police aérienne.

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ats/smk/dmz
Deux F/A-18 ont dû mener une mission d'interception mardi matin.

Deux F/A-18 ont dû mener une mission d'interception mardi matin.

photo: Keystone

Deux F/A-18 de l'armée suisse ont escorté mardi matin un avion de la compagnie israélienne El Al entre les frontières française et autrichienne. L'appareil faisait l'objet d'une fausse alerte à la bombe. Il effectuait un vol New York-Tel Aviv.

Le Boeing 747 d'El Al a atterri à midi en Israël, indique la compagnie aérienne. Les autorités américaines d'aviation civile avaient reçu une alerte anonyme faisant état d'une bombe placée dans la cuisine du Boeing israélien, indique l'agence de presse allemande dpa. En réalité, aucun explosif ne se trouvait à bord, selon les recherches effectuées immédiatement. Le vol s'est donc poursuivi normalement.

Les Forces aériennes suisses ont été informées par l'armée de l'air française, indique leur porte-parole Jürg Nussbaum à l'ats. Les deux avions de chasse des Forces aériennes ont décollé de Payerne (VD) pour prendre en charge l'avion de ligne dans le cadre d'une mission de police aérienne. Ils ont ainsi pris le relais de jets français avant de le transmettre à leurs homologues autrichiens.

Les deux F/A-18 ont franchi le mur du son près de Schaffhouse, provoqué du même coup deux fortes détonations entendues vers 08h30 dans une grande partie de la Suisse alémanique. Depuis le début de l'année, la police de l'air des Forces aériennes est en service cinq jours par semaine, de 8h00 à 18h00. D'ici à 2020, son fonctionnement sera progressivement élargi à un service 24 heures sur 24.

Les pilotes n'ont rien trouvé

Contactées par «20 Minuten», les Forces armées allemandes ont confirmé que les pilotes de l'appareil israélien ont été prévenus mardi matin de la présence d'une bombe dans l'avion. «Comme il n'ont rien trouvé, ils ont décidé de continuer leur route», a indiqué leur porte-parole. Il a précisé qu'une fois arrivé à destination, l'appareil a été mis en quarantaine et les passagers gardés à l'intérieur jusqu'à ce que tout danger soit écarté.

Environ 40 sorties par an

Les Forces aériennes suisses décollent environ 40 fois par an pour des «Hot missions». La plupart du temps, il s'agit de service d'escorte pour garantir la sécurité du ciel suisse. «Imaginons qu'un petit avion entre par erreur dans l'espace aérien d'un aéroport, ce qui peut être très dangereux, nous l'accompagnons jusqu'à ce qu'il en sorte», explique leur porte-parole.

Procédure utile?

Le but de ces escortes est double: d'abord, avoir un contact visuel et s'assurer que la situation à bord est telle que décrite au moment de l'alerte. Ensuite, avoir un moyen, autre que la radio, de communiquer. Si une bombe se trouve à l'intérieur, l'intervention est-elle utile? Des experts en doutent. Dans un article consacré à un cas similaire, en 2010 au Canada, l'un d'eux écrivait: «Que sont censés faire les chasseurs? Rien, si ce n'est offrir à leur pilote un fauteuil d'orchestre pour assister au drame.»

Par ailleurs, utiliser les armes n'est imaginable que dans un espace aérien restreint ou fermé et doit être ordonné par le Conseil fédéral, explique Thomas Hurter, ex-membre des Forces aériennes suisses. «Un pilote ne peut pas, de lui-même, abattre un avion, encore moins s'il transporte des passagers». En plus des vies perdues, il existe un fort risque de crise diplomatique. D'où la responsabilité laissée aux politiques de tirer ou non.

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