Actualisé 26.10.2009 à 10:17

Vague de terrorisme

Deux gardes civils tués à Majorque

Deux gardes civils espagnols ont été tués jeudi dans un attentat sur l'île de Majorque. Cette attaque semble porter la signature de l'ETA qui aura 50 ans vendredi. Le groupe indépendantiste basque avait déjà fait 64 blessés mercredi à Burgos.

Les deux jeunes agents ont été tués quasiment sur le coup par l'explosion d'une bombe ventouse placée sous leur véhicule officiel, a indiqué à la presse le préfet des Baléares.

L'explosion a eu lieu peu avant 14h00 devant une garnison de gardes civils à Palmanova, à quelques kilomètres du palais de Marivent où la famille royale espagnole passe traditionnellement ses vacances d'été. Ni le couple royal ni les princes des Asturies Felipe et Letizia ne se trouvaient sur l'île au moment de l'attentat, selon un porte-parole de la maison royale.

Une deuxième bombe du même type placée sous un véhicule officiel a été neutralisée dans une autre caserne de l'île de Majorque, a indiqué la garde civile.

»Fous meurtriers»

Les autorités espagnoles n'ont pas tardé à pointer du doigt l'ETA. Le chef du gouvernement José Luis Rodriguez Zapatero a condamné un «attentat criminel» perpétré par le «groupe terroriste ETA». Les assassins «ne pourront pas s'échapper, ils seront interpellés, condamnés et passeront leur vie en prison», a-t-il ajouté.

M. Zapatero devait se rendre dans la soirée à Majorque avec le ministre de l'Intérieur, Alfredo Perez Rubalcaba, qui devait superviser l'enquête sur place. Le roi Juan Carlos a condamné cet attentat au cours d'entretiens téléphoniques avec ces deux responsables, selon la Maison royale.

Plus tôt dans l'après-midi, le représentant du gouvernement sur l'île de Majorque, Ramon Socias, avait qualifié l'ETA de «bande de fous meurtriers». «Ils sont toujours plus désespérés et dangereux», a-t-il dit.

La Commission européenne a de son côté fermement condammné cet «attentat barbare» et a adressé ses condoléances, «à l'ensemble des forces de sécurité de l'Etat espagnol». La France a elle aussi condamné fermement l'attentat et affirmé son «soutien sans faille» à l'Espagne dans sa lutte contre le terrorisme.

Ile bouclée

Le ministère de l'Intérieur a immédiatement ordonné le bouclage maritime et aéroportuaire de l'île, pour «éviter la fuite des terroristes». L'aéroport de Majorque, le troisième d'Espagne en trafic des passagers, a toutefois pu rouvrir à 17h45 après deux heures de bouclage, a annoncé la société gestionnaire des aéroports espagnols, Aena.

Les ports de l'île, par où transitent des milliers de touristes par ferries restaient en revanche fermés au trafic dans la soirée, selon l'autorité aéroportuaire des Baléares.

Quincagénaire menaçante

Cette explosion a eu lieu au lendemain d'un autre attentat à la voiture piégée contre une caserne de la Garde civile à Burgos, attribué par le gouvernement espagnol à l'ETA. Cette attaque avait fait 64 blessés légers.

Les forces de sécurité espagnoles pensent que les séparatistes entendent montrer avec ces attentats qu'ils représentent toujours une menace pour le gouvernement de Madrid, 50 ans après la fondation de l'ETA le 31 juillet 1959, sous la dictature de Francisco Franco.

L'ETA, tenue avant cet attentat pour responsable de la mort de 826 personnes, a été touchée récemment par une série d'arrestations, dont celle de son commandant présumé Jurdan Martitegi en avril. Sa capture a porté à quatre le nombre de ses commandants arrêtés en moins d'un an. Dix-huit membres présumés d'ETA ont été capturés dans une période de trois semaines entre juin et juillet.

Les premières images après l'attentat(Vidéo: CNN)

(ats)

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