Aide aux migrants en France: Deux Genevois transférés pour «raisons de sécurité»
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Aide aux migrants en FranceDeux Genevois transférés pour «raisons de sécurité»

Ils sont accusés d'avoir aidé des migrants à passer la frontière lors d'une action dans les Alpes françaises, le week-end dernier.

par
mpo

Samedi et dimanche passé, les Hautes-Alpes (F) ont été le théâtre de deux manifestations antagonistes. La première a vu les nationalistes de Génération identitaire bloquer la frontière au niveau du col de l'Echelle «pour barrer la route aux migrants». Ce col alpin, au-dessus de Briançon, est effectivement devenu ces derniers mois un passage pour de nombreux réfugiés, emprunté même au plus fort de l'hiver.

En réponse à cette action fortement médiatisée, des militants de gauche ont aidé une vingtaine de migrants à entrer en France non loin de là, par le col de Montgenèvre. Arrivés à Briançon, six militants ont été arrêtés, puis trois incarcérés, dont deux Genevois. Ils sont accusés d'«aide à l'entrée d'étrangers en situation irrégulière sur le territoire national et en bande organisée». Selon le quotidien «Libération», ils risquent jusqu'à «dix ans d'emprisonnement, 750'000 euros d'amende et l'interdiction du territoire français».

Des Alpes à Marseille

Les deux Genevois ont été transférés jeudi de la maison d'arrêt de Gap à la prison des Baumettes, à Marseille, selon le «Dauphiné Libéré». En effet, après une première manifestation de soutien organisée jeudi matin, une seconde mobilisation était prévue devant leur lieu de détention vendredi. Afin d'éviter tous débordements, les détenus ont donc été transférés dans un autre établissement. Ils se trouvent en détention provisoire depuis mardi avant leur audience devant la justice prévue le 31 mai.

«Ayant été informée de l'organisation imminente d'une manifestation de soutien à ces deux détenus, l'administration pénitentiaire a transféré ce jour ces deux détenus au centre pénitentiaire des Baumettes à Marseille, pour des raisons de sécurité», détaille le Parquet de Gap au quotidien régional.

«Délit de solidarité»

La gauche genevoise a fortement réagi à l'incarcération des deux militants du bout du lac. Elle qualifie les actes reprochés par la police française de «délit de solidarité». Jean Burgermeister, de Solidarités, explique: «Je me reconnais dans l'action menée sur le col de Montgenèvre. Notre réaction vise à montrer notre solidarité vis-à-vis des personnes emprisonnées.» Pour les partis signataires du communiqué, «cette procédure ultra-répressive est révoltante». Carole-Anne Kast, présidente du parti socialiste, explique que la Suisse n'extrade pas ses ressortissants. «Ils ont été incarcérés pour éviter tout risque de fuite. Cette incarcération de plus d'un mois est choquante, car il s'agit d'un délit de moindre importance.»

Ainsi, les partis estiment qu'«il n'y a aucune raison valable pour maintenir en détention des personnes accusées d'un acte de solidarité revendiqué» car ils ne représentent pas de danger pour la société. La gauche genevoise qualifie ce maintien en détention de «zèle parfaitement déplacé de la justice française».

Enfin, les partis de gauche demandent l'abandon des procédures à l'encontre des deux militants ou, tout du moins, leur libération jusqu'à l'audience prévue le 31 mai. «Il n'est à ce stade pas exclu que nous aidions les deux militants emprisonnés de manière concrète, complète Jean Burgermeister. Mais rien n'est encore défini.»

(mpo/20 minutes)

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