Etats-Unis: Deux indicateurs alimentent l'espoir que l'économie a touché le fond
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Etats-UnisDeux indicateurs alimentent l'espoir que l'économie a touché le fond

La publication mercredi de deux indicateurs bien meilleurs que prévu alimente l'idée que l'économie américaine approche de son point le plus bas.

L'optimisme qui s'est emparé des marchés à cette annonce paraît cependant prématuré à certains.

Les économistes attendaient un septième mois consécutif de baisse des commandes de biens durables et des ventes de logements neufs, mais ces deux indicateurs sont repartis à la hausse en février.

Les commandes de biens durables, une mesure de l'investissement des entreprises, ont progressé de 3,4% par rapport à janvier, contrastant avec le recul de 2,5% attendu par les analystes. Les ventes de logements neufs ont pour leur part rebondi de 4,7%, démentant la baisse de 2,9% anticipée.

Opportuniste, la Bourse de New York en a profité pour prolonger sa reprise de mars, qui s'annonce particulièrement bon pour les courtiers.

Commentant les commandes de biens durables, les entreprises industrielles membres de l'association MAPI y ont vu la dernière d'une série de statistiques récentes «qui laissent penser que l'économie américaine (...) pourrait être près, ou aurait déjà atteint, le point bas du cycle d'activité».

Prudence des économistes

Les économistes restent néanmoins prudents. Nombre d'entre eux estiment que le premier trimestre qui s'achève a été aussi catastrophique que le précédent, au cours duquel le produit intérieur brut (PIB) américain avait chuté de 6,2% en rythme annuel.

La reprise de février des commandes de biens durables «est beaucoup moins impressionnante qu'elle n'en a l'air à première vue et n'a aucune chance de durer», a estimé Ian Shepherdson, de High Frequency Economics.

La comparaison avec un mois de janvier horrible (-7,3% par rapport au mois précédent, et -22,3% sur six mois) est nécessairement flatteuse. Les dépenses d'investissement hors défense et hors aviation, un indicateur moins volatil, n'ont modestement augmenté que de 0,6%.

«Etant donné la faiblesse de la demande mondiale (...) nous prévoyons que la tendance globale des commandes soit toujours à la baisse pour peut-être encore quelques mois», a relevé Brian Bethune, d'IHS Global Insight. Pour lui, le moment du creux «n'est pas imminent».

Activité immobilière déprimée

Dans l'immobilier, un secteur perçu comme essentiel pour la reprise, l'activité dans le neuf reste déprimée. Janvier avait été le mois le plus faible en la matière depuis la première publication de cette statistique en 1963. Février est le deuxième plus faible.

«Le marché immobilier commence à montrer quelques signes de stabilisation mais la détérioration du marché du travail devrait compromettre la reprise», a résumé Elsa Dargent.

En effet, le tableau est peu engageant: la construction est presque au point mort, les prix sont retombés à leurs niveaux de 2003 et continuent de reculer, et au rythme actuel il faudrait 12 mois pour écouler le stock de logements invendus.

«Les ventes restent incroyablement faibles (...). En bref, le pire de la baisse est derrière nous, mais une reprise durable, à moins d'une stabilité des prix, n'est pas en vue», selon M. Shepherdson.

(ats)

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