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AfghanistanDeux journalistes retenus en otage depuis un an

Des rassemblements sont organisés mercredi dans plusieurs villes pour marquer la première année de détention d'Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, enlevés le 30 décembre 2009.

Le portrait des deux journalistes est affiché à l'entrée de France Télévision.

Le portrait des deux journalistes est affiché à l'entrée de France Télévision.

Les parents de Stéphane Taponier ont, eux, pu visionner mardi une vidéo récente apportant une preuve de vie des otages.

«On a vu qu'ils étaient amaigris, mais, disons, assez calmes», a déclaré Gérard Taponier, père de Stéphane, mardi soir lors du «19-20» sur France-3, après avoir visionné dans l'après-midi la dernière vidéo des deux otages parvenue aux autorités françaises.

Sur cet enregistrement, réalisé «probablement vers la mi-novembre», selon le porte-parole du Quai d'Orsay Bernard Valero, les deux journalistes demandent «que le gouvernement français fasse tout son possible pour les libérer le plus rapidement possible», a ajouté son épouse Arlette.

Salariés de France 3

Les deux salariés de France-3 ont été enlevés dans la vallée de la Kapissa avec leurs trois accompagnateurs afghans, Mohammed Reza, Ghulam et Satar, dont l'identité complète n'a pas été rendue publique afin de protéger leurs familles sur place.

Hervé Ghesquière, 47 ans, a longtemps travaillé comme reporter de guerre indépendant, notamment en Yougoslavie. Ses reportages et ses documentaires ont été diffusés par des télévisions et des radios françaises, mais aussi suisse, belge et canadienne. Il a couvert de nombreux autres conflits, dont l'Irlande du Nord, le Sahara-Occidental, le Rwanda et l'Irak.

Son cameraman Stéphane Taponier, 48 ans, a tourné lui aussi en Irak, ainsi qu'au Liban, en Syrie, en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza, ou encore au Pakistan. Il s'est rendu plusieurs fois en Afghanistan: en 2000 pour filmer le commandant Massoud dans le Panchir, et en 2002 pour trois semaines dans la province de Kapissa.

En reportage sur la reconstruction lors de l'enlèvement

Embauchés en CDI respectivement en 2000 et en 2005 par France-3, Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière travaillaient ensemble pour le magazine «Pièces à conviction» lorsqu'ils ont disparu. Ils réalisaient un reportage sur la reconstruction d'une route à l'est de Kaboul, expliquait le rédacteur en chef de l'émission, Lionel de Coninck.

Le 30 décembre 2009, ils avaient annoncé qu'ils se rendaient dans la vallée de la Kapissa. Ils «avaient indiqué à leurs confrères qu'ils souhaitaient aller au contact des villageois», avait rapporté le lendemain Hervé Morin, ministre de la Défense à l'époque.

Dans un premier temps, le nom des deux journalistes n'a pas été révélé. Le quai d'Orsay estimait que la «discrétion» s'imposait et appelait à «la responsabilité de tous» - y compris lorsque les talibans ont mis en ligne sur internet le 14 février 2010 une première vidéo des deux otages français. «Moins on en parle, mieux c'est», considérait la semaine suivante le général Jean-Louis Georgelin, chef d'état-major des armées françaises, précisant sur Europe 1 que «plus de 10 millions d'euros» avaient été dépensés pour les retrouver.

Noms dévoilés en avril

Le 11 avril, les talibans ont diffusé une deuxième vidéo des deux journalistes. Dans un communiqué envoyé le lendemain par courriel à des organismes de presse, les talibans disaient avoir soumis aux autorités françaises une liste de détenus «ordinaires» qu'ils souhaitaient voir libérer en échange des journalistes.

Le même jour, le 12 avril, France-3 et France-2 ont dévoilé dans leurs journaux du soir l'identité des otages français. Le groupe France Télévisions a expliqué briser leur anonymat «à la demande des familles».

Fin mai, le comité de soutien à Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier a demandé à tous les médias de faire un décompte quotidien à dater du 150e jour de détention. Le nom des deux journalistes est à présent cité quotidiennement.

L'été dernier, le Premier ministre François Fillon a assuré que la discussion était «quasiment continue avec les ravisseurs». Fin septembre, le chef d'état-major des armées, l'amiral Edouard Guillaud, a estimé qu'il était «raisonnable» d'espérer une libération des otages pour Noël.

Troisième vidéo authentifiée

Le 20 décembre, le ministère des Affaires étrangères a annoncé avoir reçu et authentifié une troisième vidéo de MM. Ghesquière et Taponier. L'enregistrement a été réalisé «probablement vers la mi-novembre», selon le porte-parole du Quai d'Orsay Bernard Valero. C'est cette vidéo qu'ont visionné les parents de Stéphane Taponier mardi.

Jeudi dernier, le comité de soutien s'est rendu à l'Elysée pour remettre une pétition comprenant 80.000 signatures de soutien aux deux journalistes de France-3.

Mercredi, pour marquer le premier anniversaire de leur enlèvement, plusieurs manifestations sont programmées: un lâcher de ballons à Marcq-en-Baroeul (Nord), une veillée aux bougies à Paris, un grand concert à Montpellier et des descentes aux flambeaux dans des stations de ski des Alpes, des Vosges et du Jura. Des rassemblements sont aussi prévus à Marseille, Dax (Landes), Auray (Morbihan), Strasbourg et Chambéry (Savoie). (ap)

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