Deux jours de deuil en Polynésie française après l'accident d'avion
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Deux jours de deuil en Polynésie française après l'accident d'avion

Deux jours de deuil, vendredi et samedi, ont été décrétés par le président de la Polynésie française Gaston Tong Sang après l'accident jeudi d'un Twin Otter de la compagnie Air Moorea, qui s'est abîmé dans le chenal entre Tahiti et Moorea, faisant 20 morts, les 19 passagers et le pilote de l'avion.

Les 260.000 habitants de la Polynésie française étaient extrêmement choqués après l'annonce de l'accident de cet petit avion qui assure les rotations entre Tahiti et Moorea. Quasiment tout le monde connaissait l'une des victimes, dont 17 résidaient en Polynésie française. Les trois autres sont deux touristes australiens et un fonctionnaire belge de l'Union européenne.

Vendredi matin, les drapeaux ont été mis en berne pour deux jours sur les 118 îles habitées du pays. Une minute de silence devait être observée samedi à midi (samedi minuit, heure de Paris) et une cérémonie oecuménique devait se dérouler samedi soir à Papeete. La population, très empreinte de religion protestante et catholique, est attendue en nombre.

Attendu à Papeete tôt samedi matin pour un séjour de 24 heures, le secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer Christian Estrosi devait être présent à cette cérémonie. Il doit se rendre à Moorea, l'île située à 17km face à Tahiti, au large de laquelle l'avion s'est abîmé jeudi, une minute après son décollage, et rencontrer les familles des victimes.

Avec Christian Estrosi, devaient arriver deux membres de la brigade de gendarmerie des transports aériens, accompagnés d'experts du Bureau d'enquêtes et d'analyses de la sécurité de l'aviation civile (BEA).

Sur les 20 personnes qui se trouvaient à bord, 14 corps ont été repêchés, tous identifiés désormais. Les recherches se poursuivaient pour retrouver les six autres corps, alors que deux bateaux de pêche équipés de sonar pouvant détecter l'enregistreur de vol de l'avion jusqu'à 500 mètres de profondeur, se sont joints aux navires des services de l'Etat et de la collectivité.

Reste à définir les raisons de cette catastrophe. «Nous connaissons les circonstances de l'accident. Pas les causes», soulignait le colonel Jean-Yves Ortega, commandant de la gendarmerie en Polynésie française, vendredi à Papeete.

En l'absence de boite noire sur ce type d'appareil léger, c'est l'enregistreur et l'autopsie du pilote, qui devait être pratiquée samedi après-midi, qui pourraient éclairer les enquêteurs.

Vendredi, au lendemain de la catastrophe, les vols d'Air Moorea ont repris entre Tahiti et Moorea, avec deux pilotes, contre un habituellement, aux commandes des Twin Otter. «C'est une assurance supplémentaire qui est plus psychologique qu'autre chose», a expliqué Christian Vernaudon, le PDG d'Air Tahiti, la société mère d'Air Moorea. (ap)

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