Lynchage de Madagascar: Deux Malgaches déférés au parquet d'Antananarivo
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Lynchage de MadagascarDeux Malgaches déférés au parquet d'Antananarivo

Deux personnes ont été présentées à la justice jeudi pour répondre du lynchage, la semaine dernière sur l'île de Nosy Be, de trois hommes accusés par la foule du meurtre d'un enfant.

«Sur 13 personnes déférées, deux sont concernées par le meurtre des deux étrangers» sur les trois hommes lynchés, un Français, un Franco-italien et un Malgache, «et les 11 autres sont impliquées dans l'attaque de la caserne de la gendarmerie» la veille des lynchages, a précisé l'adjoint du commandant de la gendarmerie malgache, le général Guy Bobin Randriamaro, lors d'un point presse.

A Nosy Be, la gendarmerie locale a précisé avoir «des preuves sur des photos et des vidéos» pour incriminer les deux personnes accusées de lynchage. Par ailleurs, des experts Français, venus depuis l'Île de La Réunion, sont arrivés à Madagascar pour identifier les corps carbonisés des deux Européens morts à Nosy Be, a indiqué le général Randriamaro.

Au total, 37 personnes avaient été arrêtées après cette sinistre journée du 3 octobre, qui a vu une foule de plusieurs centaines d'habitants en colère se déchaîner d'abord contre les deux Européens, tabassés à coups de rondins et brûlés sur une plage dans la matinée, puis contre l'oncle de l'enfant, pourchassé puis également frappé et brûlé dans l'après-midi.

L'enfant malgache avait huit ans

«Les 24 autres personnes (sur les 37 arrêtées) sont rentrées chez elles», a précisé le général Randriamaro. La victime française était un chauffeur de bus de la régie des transports parisiens (RATP), 38 ans, père d'une fillette et venu faire de fréquents séjours à Madagascar pendant ses vacances. La justice française a ouvert une enquête préliminaire pour «meurtre» après son décès. Il s'agit pour l'instant d'une enquête de police.

L'enfant malgache au coeur de ce drame sans précédent, Chaino, avait huit ans. Sa famille avait placardé des avis de recherche après sa disparition à la sortie de la mosquée le vendredi précédent. Exaspérée par de vaines recherches, la foule s'en est pris d'abord aux gendarmes, criant à l'enlèvement et réclamant la tête du kidnappeur, avant que le corps sans vie et mutilé du petit ne soit retrouvé. Les circonstances de sa mort n'ont pas été établies, meurtre ou noyade.

Les lynchages sont fréquents à Madagascar, où des foules en colère s'en prennent régulièrement à des personnes accusées de meurtre, des cambrioleurs présumés ou des conducteurs impliqués dans des accidents de la route. (afp)

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