Hockey féminin: Deux matches pour une médaille
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Hockey fémininDeux matches pour une médaille

Les Suissesses ont vaincu la Russie (0-2) en quart et se sont qualifiées pour les demies du tournoi olympique. Un exploit rendu possible, notamment, par Florence Schelling.

par
Robin Carrel
Sotchi
Florence Schelling a absolument tout arrêté. Même la capitaine russe...

Florence Schelling a absolument tout arrêté. Même la capitaine russe...

La Suisse avait tout misé sur cette partie et a réussi le coup parfait. La «Nati» des filles ne s'était jusqu'ici jamais retrouvée dans le dernier carré, depuis l'arrivée de la discipline au programme des Jeux olympiques en 1998 à Nagano. La sélection de René Kammerer décrochera à coup sûr une médaille, si elle gagne un de ses deux prochains matches. Soit la demi-finale contre le Canada - on en doute -, soit le match pour la 3e place face au perdant de la partie entre les Etats-Unis et la Suède - pourquoi pas.

La montagne canadienne semble être bien trop haute pour être gravie. Mais si les Suissesses montrent la même discipline défensive contre les Suédoises - qui devraient logiquement être battues dimanche par les USA - lors de la petite finale, le rêve d'un podium pourrait se réaliser. Surtout si Florence Schelling, auteur de 41 parades samedi face à l'hôte du tournoi, réalise de nouveau un match exceptionnel. «J'espère que le plus beau jour de ma carrière est encore à venir», a déclaré, rayonnante, la gardienne helvétique.

Les joueuses à croix blanche ont eu le bonheur d'ouvrir le score assez rapidement, par Stefanie Marty à la 11e minute. Elles ont ensuite «mis les barbelés» devant leur cages. Schelling était d'ailleurs la première à relever les mérites de ses coéquipières: «J'ai l'impression que toute l'équipe a été incroyable, a-t-elle souri. Tout le monde a bossé pour l'autre et sans elles, je n'aurais pas pu briller. J'étais convaincue qu'on pouvait évoluer à ce niveau.»

Les Russes ont tout tenté, mais n'ont jamais réussi à trouver la faille, malgré le soutien de 5000 spectateurs extrêmement bruyants. Malgré l'environnement hostile et ébranlée par une charge non-sanctionnée de la capitaine adverse Yekaterina Smolentseva, la gardienne de Bülach n'a rien lâché: «Je n'ai pas eu peur, mais l'impact a été assez dur... J'étais un peu étourdie.» Pas assez, visiblement, pour laisser passer un puck.

Suisse - Russie 2-0 (1-0 0-0 1-0)

Arène Shaïba. 4962 spectateurs. Arbitres: Tottman (GB), Bjoerkman/Caughey (Su/Can). Buts: 11e Stefanie Marty (Müller) 1-0. 60e (59'39'') Stalder (Bullo/dans le but vide) 2-0.

Pénalités: 1 x 2' contre la Suissse; 4 x 2' contre la Russie.

Suisse: Schelling; Julia Marty, Frautschi; Laura Benz, Thalmann; Altmann, Bullo; Staenz, Stefanie Marty, Müller; Stalder, Lutz, Sara Benz; Eggimann, Stiefel, Forster.

Russie: Prugova; Dyubanok, Tkachyova; Goncharenko, Kapustina; Shibanova, Khomich; Skiba, Burina, Gavrilova; Lebedeva, Smolentseva, Sosina; Vafina, Dergachyova, Smolina; Shokina, Pashkevich.

Notes: la Suisse sans Raselli (suspendue).25e tir sur la transversale de Kapustina. La Russie sans gardien de 58'35'' à 59'39''.

Imbattable.

Sosina et Lebedeva (10e) ont eu deux grosses occasions à la 10e. Mais c'est la Suisse qui a pris les devants grâce à la lucarne trouvée par Stefanie Marty une minute plus tard. Eggimann aurait pu profiter d'un service de Forster (13e) pour double la mise. Stalder (19e) a elle aussi fait connaissance avec les jambières de la gardienne russe Prugova. A débuté alors le «show» Schelling. La gardienne a dégoûté Dergachyova (15e), Dyubanok (24e), Gavrilova (36e), Sosina (44e) et Shokina (46e et 53e). Kapustina a pour sa part trouvé le poteau (26e) et Dergachyova (33e) a manqué une montagne. Staenz (poteau/31e et 38e) aurait pu donner de l'air aux siennes, qui ont mis un terme au suspense par Stadelmann dans la cage vide (60e).

Sarah Forster (attaquant de la Suisse): «Le rêve devient gentiment réalité... Contre le Canada, nous n'aurons rien à perdre. Ensuite, il faudra certainement batailler avec la Suède pour une médaille. On ne sait jamais, mais il faut être réaliste. Ce soir, c'était une victoire d'équipe. Je n'ai pas remarqué l'ambiance, j'étais dans ma bulle. On attendait ce match depuis le Mondial à Ottawa il y a une année et elles avaient la pression. C'est un adversaire qui nous a toujours convenu.»

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