Suisse : Deux ministres dans la bergerie
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Suisse Deux ministres dans la bergerie

Accompagnées d'une meute de journalistes, Doris Leuthard et Jacqueline de Quattro ont gravi allégrement le sentier menant à l'alpage du Creux-de-Champ, sous le glacier des Diablerets (VD).

La Conselllere federal Doris Leutthard, gauche, cheffe du Departement federal de l'environnement, des transports, de l'energie, et de la communication (DETEC), conseillere d'Etat vaudoise Jacqueline de Quattro, centre, cheffe du departement vaudois de la securite et de l'environnement (DSE) marchent avec Jean-Pierre Vittoni, droite, eleveur de mouton et de chiens de protection des troupeaux, en compagnie Kalin un chien des Pyrenees sur l'alpage de Creux de Champ, ce mardi 31 juillet 2012 au Diablerets.

La Conselllere federal Doris Leutthard, gauche, cheffe du Departement federal de l'environnement, des transports, de l'energie, et de la communication (DETEC), conseillere d'Etat vaudoise Jacqueline de Quattro, centre, cheffe du departement vaudois de la securite et de l'environnement (DSE) marchent avec Jean-Pierre Vittoni, droite, eleveur de mouton et de chiens de protection des troupeaux, en compagnie Kalin un chien des Pyrenees sur l'alpage de Creux de Champ, ce mardi 31 juillet 2012 au Diablerets.

Elles ont été accueillies par les aboiements d'un patou qui a efficacement protégé son troupeau contre les intrus.

Egalement éleveur de chiens de protection, l'exploitant de l'alpage Jean-Pierre Vittoni gère 450 moutons, dix génisses, des chèvres avec l'aide de quatorze bergers des Pyrénées, a-t-il expliqué à la conseillère fédérale et à la conseillère d'Etat. «Avant on a subi des attaques de lynx. Depuis on est tranquille, ils font bien leur boulot», a-t-il dit.

«Cela demande beaucoup de travail», a-t-il constaté. «Il y a dix ans, on ne s'occupait pas des chiens de protection. Aujourd'hui on les promène, on va les voir tous les jours. Ils sont sociabilisés», selon lui.

«On s'est aperçu également qu'il était faux de placer des chiens de six mois au milieu des moutons. Des adultes de deux ans bien éduqués, c'est mieux», a poursuivi l'éleveur.

Dans l'enclos

Jean-Pierre Vittoni a invité les deux femmes à venir le rejoindre dans l'enclos où elles ont pu voir de plus près le canidé en question et le caresser. «J'aime les chiens, même si j'ai été mordue une fois comme tout le monde», a raconté Mme Leuthard.

Pour mener ces expériences avec les patous, il faut des moyens. M.Vittoni s'est réjoui du «coup de pouce» de la Confédération. Berne donne 500 francs par an pour la nourriture et la même somme pour le vétérinaire, ainsi que 500 francs lors de l'achat d'un chien, a-t-il noté.

Gobalement, l'Office fédéral de l'environnement (OFEV) dispose d'un budget au total de 850'000 francs par an pour cette contribution, pour la formation et les conseils aux éleveurs. Une somme qui comprend aussi les indemnités en cas d'attaque de troupeaux.

Réticences du public

Jean-Pierre Vittoni a constaté une certaine résistance du public et des éleveurs face aux chiens de troupeau. «Même notre nouveau berger était réticent, mais maintenant il (les) trouve bien», a-t-il affirmé.

Les «montagnes de Pyrénées» sont impressionnants, mais ils ne sont pas dangereux, a-t-il poursuivi. Il ne faut évidemment pas passer sous les barrières pour aller les caresser.

Conseils à suivre

Des nouveaux panneaux de protection ont été mis en place cette année. Ils indiquent aux touristes le comportement à suivre lors de rencontre avec les patous, a expliqué le directeur de l'association «Chiens de protection suisses», Felix Hahn.

Il faut essentiellement maintenir la plus grande distance possible avec le troupeau et le chien, rester calme, descendre du vélo et garder son compagnon à quatre pattes en laisse. Il est dangereux pour un chien de compagnie de se mêler au troupeau, a-t-il averti.

Casque bleu, lynx et lamas

Après avoir rappelé la fable de la Fontaine consacrée au loup et au brebis, Jacqueline de Quattro a conclu que pour les faire coexister, il faut un troisième élément dans le rôle du «casque bleu»: le chien et son berger.

Avec seize lynx dans le Jura et un loup qui se balade entre Fribourg, Vaud et Valais, «on ne peut relâcher nos efforts, a constaté la cheffe du Département vaudois de l'environnement. «Ysengrin va bien finir par rencontrer une femelle un jour ou l'autre et se multiplier. Il faut en convaincre les éleveurs, qui trop souvent craignent que le chien n'amène le loup», a-t-elle dit.

La Confédération cherche également d'autres voies pour améliorer la cohabitation entre monde sauvage et domestique, a déclaré Doris Leuthard. Un essai de protection des troupeaux par des lamas est mené au col de Mosses et dans l'Entlebuch, mais pas sûr qu'ils soient efficaces, a souri la cheffe du Département fédéral de l'environnement.

(ats)

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