Genève - Deux mois sans cantine pour un millier d’écoliers
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GenèveDeux mois sans cantine pour un millier d’écoliers

Faute de s’être inscrits à temps, une foule d’enfants sont exclus du parascolaire genevois. La directrice du groupement intercommunal justifie cette mesure.

par
Jérôme Faas
Les élèves ayant raté l’inscription ne pourront pas rejoindre la cantine avant novembre.

Les élèves ayant raté l’inscription ne pourront pas rejoindre la cantine avant novembre.

Getty Images/Westend61

C’est devenu un classique de la rentrée: des centaines d’écoliers sont exclus durant deux mois des cantines et des activités parascolaires, que gère le Groupement intercommunal pour l'animation parascolaire (GIAP). La mesure, nommée «délai de carence», est infligée aux familles ne s’étant pas inscrites à temps - pour cette année, avant le 12 mai. Résultat, début septembre, un millier d’enfants se sont retrouvés le bec dans l’eau, au grand dam d’enseignants dont certains trouvent la sanction «scandaleuse».

Le syndicat des instituteurs (SPG) ne va pas jusque-là, mais regrette «une rigidification globale du système». Sa présidente Francesca Marchesini dit néanmoins «comprendre les contraintes du GIAP, qui dépend des locaux alloués par les communes» et doit pouvoir anticiper. Sa directrice Floriane Demont explique surtout que le délai de carence n’est pas une punition. «Il nous permet de recruter le personnel nécessaire à l’encadrement des enfants inscrits hors délai.»

Le GIAP accueille 27 000 enfants, un chiffre grimpant sans cesse. «Quelque 4500 inscriptions ont été tardives, mais seules 1000 ont donné lieu à un vrai délai de carence.» Près de 3500 autres étaient éligibles à une dérogation, obtenue en cas de recommandation par les services sociaux, de changement de situation professionnelle ou familiale, de certificat médical ou d’arrivée récente à Genève. En 2018, pourtant, seuls 300 écartements avaient été prononcés. «Depuis lors, un système d’abonnement a été introduit, avec un règlement bien plus clair», qui ne tolère pas la négligence.

Une solution pour les «cyberexclus»

Depuis deux ans, poussé par le Covid, le GIAP a rendu l’inscription en ligne obligatoire, via la plateforme e-démarches de l’Etat. Cette évolution n’a exclu personne, assure le GIAP: 95% des 18’000 parents concernés n’ont pas eu de difficultés. Les 5% restant soit n’avaient pas accès à e-démarches (frontaliers, fonctionnaires internationaux), soit étaient des «cyberexclus». «Tous ont pu s’inscrire par téléphone, et ceci en huit langues, avec un opérateur au bout du fil qui accède au système informatique. Nous sommes très loin du tout-numérique.»

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