Castel Gandolfo: Deux papes se rencontrent samedi

Actualisé

Castel GandolfoDeux papes se rencontrent samedi

Deux hommes en blanc, un pape régnant et un pape émérite, se rencontrent samedi dans la résidence pontificale d'été au sud de Rome: un moment inédit dans l'histoire.

Benoît XVI (à droite) et François vont discuter notamment du «Vatileaks».

Benoît XVI (à droite) et François vont discuter notamment du «Vatileaks».

Dix jours après son élection, le pape argentin se rend en hélicoptère à la mi-journée dans ce village des Collines albines où Joseph Ratzinger s'est retiré dans le silence et la prière depuis sa démission le 28 février.

En dépit de l'extrême curiosité que suscite cette rencontre historique, le Vatican a prévu une communication minimale. Ce que se diront le pape émérite de 85 ans et son cadet de neuf ans restera secret.

Selon la presse italienne, Benoît XVI aurait rédigé un memorandum de 300 pages à l'intention de son successeur.

«VatiLeaks»

Les deux pontifes devraient parler de «VatiLeaks», l'affaire des fuites de documents confidentiels, sur laquelle des cardinaux à la retraite ont mené une enquête parallèle et rédigé un rapport qui n'a été transmis qu'au nouveau pape.

Avant de démissionner, Benoit XVI avait assuré son «obéissance inconditionnelle» au futur pape et dit qu'il se retirait du monde, n'ayant plus aucune vie publique.

Depuis son élection, Jorge Bergoglio a téléphoné deux fois à son prédécesseur, la dernière fois mardi pour lui souhaiter bonne fête le jour de la Saint-Joseph qui était le jour de sa propre messe d'installation.

Anciens rivaux

Le Vatican a indiqué que le pape émérite, qui vit à Castel Gandolfo avec quatre laïques consacrées «Memores Domini» qui le servent, avait regardé à la télévision l'élection de son successeur et sa messe inaugurale.

Les deux hommes se connaissent depuis longtemps: au conclave de 2005, Jorge Bergoglio, était le principal concurrent de Joseph Ratzinger, et représentait une orientation plus ouverte et sociale parmi les cardinaux. Mais il avait préféré se retirer de la course.

La popularité extrême qu'a acquise François est perçue avec une amertume par certains au Vatican, où l'on juge injuste l'oubli qui semble déjà frapper le pape allemand dans le grand public.

Quand il s'installera en mai dans un ancien monastère sur la colline du Vatican, le pape émérite sera à quelques pas des bureaux de François. Un voisinage inédit et délicat débutera, et des rencontres seront possibles dans les jardins du petit Etat. (ats)

Ton opinion