La Grande Béroche (NE): «Deux perches soleils en cinq jours, c’est inquiétant»
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La Grande Béroche (NE)«Deux perches soleils en cinq jours, c’est inquiétant»

Dans le lac de Neuchâtel, une espèce invasive prolifère. Et en plus, elle est hargneuse.

par
Xavier Fernandez
Cette perche américaine a été pêchée à Bevaix, dans la commune de La Grande Béroche (NE).

Cette perche américaine a été pêchée à Bevaix, dans la commune de La Grande Béroche (NE).

Lecteur reporter

Originaire d’Amérique du Nord et très appréciée des aquariophiles pour ses couleurs flamboyantes, elle a été introduite par l’homme un peu partout en Europe. Mais la perche soleil est considérée comme invasive, à cause de la pression qu’elle exerce sur les espèces locales.

Si la Suisse n’est pas épargnée, il était en revanche rare d’en trouver dans le lac de Neuchâtel. «Elle y est effectivement présente et elle avait déjà été recensée lors de nos derniers inventaires, datant de 2011 et 1991, mais les effectifs semblaient rester faibles», explique Denis Rychner, responsable communication de la Direction générale de l’environnement du canton de Vaud. Problème, en moins d’une semaine, deux pêcheurs de La Grande Béroche (NE) en ont découvert au bout de leurs lignes. «Tant qu’il n’y en avait qu’une, on pouvait espérer qu’il s’agisse d’un cas isolé. Mais deux, en si peu de temps et dans le même coin, c’est inquiétant», estime le pêcheur professionnel Jean-Blaise Perrenoud, auteur de la première prise.

«Il doit être mis à mort»

Valère Bilat, garde-faune neuchâtelois, confirme: «On savait qu’il y en avait quelques-unes, mais on nous en signale de plus en plus. Cette perche semble être en période d’expansion, certainement à cause du réchauffement de l’eau.» Si les pêcheurs redoutent la prolifération de ce poisson, c’est surtout parce qu’il «dévore les œufs, les alevins et les larves des autres, alors que, de son côté, il défend son nid», explique le garde-faune. D’ailleurs, l’Office fédéral de l’environnement (OFEV) l’a placé sur sa liste noire. «Lorsqu’il est pêché, il doit être mis à mort», rappelle Valère Bilat.

Pour finir, cette perche, également appelée arc-en-ciel, a la fâcheuse habitude de mordre quiconque s’approche de son nid, comme le relatait «Le Nouvelliste» au sujet du lac de Géronde (VS), désormais boudé par nombre de baigneurs. Reste qu’il y a peu de choses à faire pour s’en débarrasser. «Dans le cas d’un étang, on peut l’assécher. Mais pas un lac. Il faudrait que des pêcheurs la traquent. Et encore. Rien ne prouve que ce serait efficace.»

Elle se plaît dans le Petit-Lac

Lepomis gibbosus possède de nombreux noms vulgaires, allant de poisson soleil à perche arc-en-ciel, en passant par calico-bass ou perche d’Amérique. Sa bouche est petite, tirant vers le haut, et sa nageoire dorsale est composée de deux parties continues. Quant à sa taille, elle est de 10 à 15 cm en moyenne et peut aller jusqu’à 22 cm. Cette perche ne vit qu’en eau douce.

En Suisse, elle est présente dans la plupart des lacs et cours d’eau. D’ailleurs, on la retrouve aussi «dans le Léman en faible quantité, excepté dans le Petit-Lac (entre Genève et Gland (VD), où elle semble être en grand nombre, notamment en raison des eaux peu profondes et donc plus chaudes. L’observation la plus ancienne remonte même à 1904! Fort heureusement, elle demeure assez rare – actuellement – dans les autres eaux du canton», commente Denis Rychner.

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