Actualisé 23.08.2008 à 17:57

palestine

Deux petits bateaux brisent le blocus de Gaza

Après deux jours en mer depuis Chypre, les deux bateaux affrétés par les militants du mouvement Free Gaza ont reçu d'Israël l'autorisation de débarquer.

Le «Free Gaza» et le «Liberty», arborant le drapeau palestinien et le slogan «Halte à l'occupation», ont accosté dans le petit port de pêche de la ville de Gaza, accueillis par cinq bateaux petits bateaux venus à leur rencontre, en musique, et les applaudissements et les youyous de milliers de Palestiniens sur le quai. Des enfants fous de joie ont sauté à l'eau pour monter à bord.

«Nous avions tous mal au coeur, nous étions tous épuisés. Mais cette dernière heure nous a totalement remis sur pied», a déclaré Ayash Daraj, journaliste de la chaîne satellitaire panarabe al-Jazira, qui a fait la traversée avec les militants.

«Ils sont très courageux, ils sont très forts, je suis fière d'eux», a déclaré Samira Ayash, maîtresse d'école à la retraite venue saluer les militants.

Auparavant, Angela Godfrey-Goldstein, une des porte-parole de ce groupe de militants des droits de l'Homme originaire des Etats-Unis, avait accusé Israël de saboter cette mission en brouillant les systèmes de communication des bateaux. «Je ne vois pas d'autre raison, ni d'autre partie y ayant un intérêt», a-t-elle ajoutant, estimant que l'Etat hébreu mettait en danger la sécurité du groupe.

L'Etat hébreu avait mis en garde Free Gaza contre cette mission, qualifiée de provocation inacceptable. «Nous suivons l'évolution de la situation, et s'ils cherchent à faire de la provocation, nous saurons comment l'éviter», a déclaré Arye Mekel, porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Il a dit ne pas être au courant d'un éventuel brouillage des communications des bateaux.

Mais un autre porte-parole du ministère, Aviv Shiron, a ensuite affirmé samedi après-midi que les bateaux pourraient débarquer.

Dans leur communiqué, les membres de «Free Gaza» on jugé qu'ils étaient «victimes de piratage électronique» et, notant qu'ils ne sont pas «des marins expérimentés», disent s'inquiéter «pour la santé et la sécurité des personnes à bord».

Dans la matinée, par gros temps, les bateaux, battant pavillon grec, étaient restés dans les eaux internationales. A Gaza, une armada de petits bateaux avait pris la mer, transportant militants, journalistes et même une fanfare pour aller à leur rencontre, avant de faire demi-tour en raison de l'état de la mer.

Le «Free Gaza» et le «Liberty» avaient quitté Chypre vendredi pour la traversé, estimée à 30 heures, cherchant à briser le blocus de Gaza imposé par Israël depuis 14 mois et la prise de contrôle du territoire par le Mouvement de la Résistance islamique (Hamas) en juin 2007.

S'il a été parfois été allégé, le blocus n'a jamais été levé, Israël autorisant le passage d'aide humanitaire, un siège qui provoque d'importantes pénuries dans le territoire où s'entassent 1,4 millions d'habitants.

Parmi les 46 militants venus de 14 pays, on trouve notamment une religieuse catholique de 81 ans et la belle-soeur de l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair, aujourd'hui émissaire du Quartette pour la paix au Proche-Orient.

Cette dernière, Lauren Booth, a expliqué à son arrivée que «dans cette guerre médiatique, il était impossible pour (Israël) de gagner, car ils ne peuvent justifier ce qu'ils font à votre port et à vos frontières».

Les 46 militants, devenus ainsi les premiers étrangers à briser le blocus de Gaza, apportent 200 prothèses auditives pour enfants destinées à une ONG (organisation non gouvernementale) palestinienne, et veulent aussi distribuer 5.000 ballons.

Ils devraient rester à Gaza 24 heures, et leur mission a été saluée par le Premier ministre Hamas du territoire, Ismaïl Haniyeh. «Nous appelons à ce que d'autres activités viennent briser le siège injuste imposé à notre peuple, a-t-il lancé.

«L'Occident est ignorant, l'Amérique est ignorante, c'est pourquoi nous sommes ici», a expliqué Tom Nelson, avocat de 64 ans, venu de l'Oregon. Et d'appeler à la «justice», estimant que le gouvernement israélien «doit traiter les Palestiniens comme il traite les Israéliens».

«Personne ne pense que ces bateaux vont vraiment briser le siège, mais c'est un message moral: ce qui se passe (à Gaza) est illégal et inhumain, et doit cesser», a jugé le militant des droits de l'Homme Raji Sourani. (ap)

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