Mise en examen pour vol: Deux policiers parisiens filmés en flagrant délit
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Mise en examen pour volDeux policiers parisiens filmés en flagrant délit

Deux policiers, soupçonnés d'un vol dans une boutique parisienne de téléphonie, ont été suspendus mardi au lendemain de leur mise en examen après avoir été piégés par une caméra de vidéosurveillance.

Les deux policiers, en poste à la douzième section de la Direction du Renseignement de la Préfecture de Police (DRPP, ex-RG) de Paris, chargée de la lutte contre l'immigration clandestine, ont été suspendus par le préfet de police de Paris, a annoncé mardi le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux, en marge d'un déplacement à Vélizy (Yvelines).

Ils ont été mis en examen lundi soir pour «vol aggravé en réunion par personne dépositaire de l'ordre public», selon une source judiciaire, après qu'une caméra de vidéosurveillance, mise en ligne sur Internet, les a montrés entrant dans une boutique de téléphonie de la rue Louis-Blanc (Xe), exhibant un brassard de police et leur carte professionnelle.

La tête coiffée d'un bonnet, ils sont passés derrière le comptoir de cette boutique, ont procédé à un contrôle d'identité puis se sont servis en cartes téléphoniques avant de quitter le magasin, selon les premiers éléments de l'enquête.

Ils seraient entrés dans le magasin prétextant une perquisition et pourraient avoir dérobé de l'argent, selon la source judiciaire, dont on ignorait le montant.

A l'issue de leur garde à vue à l'Inspection générale des Services (IGS, «police des polices»), les deux hommes ont été présentés à la justice.

Le parquet avait requis la détention provisoire et n'a pas été suivi par le juge des libertés et de la détention qui les a placés sous contrôle judiciaire.

Ce contrôle comprend l'interdiction d'exercer leur profession, de porter une arme et d'entrer en contact entre eux, selon la source judiciaire.

Selon le parquet de Paris, il s'agit d'une «affaire complexe qui a nécessité l'ouverture d'une information judiciaire», avec la désignation du juge d'instruction Alain Nguyen Thé. «Des confrontations vont être organisées prochainement», a-t-on ajouté de source judiciaire, le parquet précisant que ce genre de faits impliquant des policiers «est très rare».

Ce que confirme Patrice Ribeiro, du syndicat Synergie/Officiers, habitué des conseils de discipline de la police où il siège en tant qu'élu. Il a déclaré mardi que «s'il y a faute, il faut sanctionner sans état d'âme».

La dernière affaire connue remonte à fin 2008. Un policier de l'Office central de répression de la grande délinquance financière avait été soupçonné d'avoir détourné quelque 10.000 euros lors d'une perquisition dans un cercle de jeux parisien puis mis en examen, sous contrôle judiciaire, et suspendu. Il avait aussi été piégé par une bande vidéo du cercle.

La procédure a d'ailleurs été cassée récemment à la suite de cette affaire sur demande des avocats de l'établissement, selon une source policière, «cassant une longue enquête, délicate et sensible». (afp)

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