Syrie: Deux Romands combattent aux côtés des Kurdes
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SyrieDeux Romands combattent aux côtés des Kurdes

Deux jeunes Suisses sont partis au front et se battent pour l'autonomie des Kurdes.

par
Marion Moussadek
Des combattants kurdes de YPG, auxquels participent les deux Romands, ici dans le nord-est de la Syrie, la région où ils se sont engagés.

Des combattants kurdes de YPG, auxquels participent les deux Romands, ici dans le nord-est de la Syrie, la région où ils se sont engagés.

photo: Keystone

Ils sont délibérément passés du paysage romand avec ses lacs bien lisses et ses trains CFF bien huilés au bourbier de Til Temir (ou Tall Tamer) en Syrie, qui est libéré du joug du Groupe Etat islamique depuis moins d'un an. Comme le raconte ce jour 24 Heures, deux Romands de moins de 30 ans se sont installés là, à 2h30 de route de Raqqa, le fief du groupe terroriste. Cette région, le Rojava, autoproclamée autonome le 17 mars dernier, compte une dizaine de villages chrétiens. Mais avec ses échoppes défoncées et ses bâtiments inachevés, elle semble bien loin du confort suisse.

Ces deux jeunes Romands, dont on ne connaît ni le lieu d'origine ni l'âge exacts, ont épousé la cause kurde, qu'ils considèrent être la dernière révolution socialiste, de longue date. Mais avant, ils la défendaient avachis sur leur canapé. Devant la télé. Maintenant, celui que le quotidien vaudois dénomme Benjamin, est conscient que la donne a changé: «Je vais devoir tirer sur des gens, des ennemis. Qui vont mourir sous mes balles», dit-il.

Mais les deux Romands ne se sont pas lancés du jour au lendemain. D'abord, avant de partir, Benjamin, dont on ne doute plus de la suissitude lorsqu'il confie ça, s'est assuré que tout soit propre en ordre: «J'ai veillé à ce que tout soit réglé si je ne rentrais pas». Ensuite, une fois sur place, il a suivi, avec son compatriote, deux mois de cours intensifs de kurde septentrional, le kurmandji, parlé par environ 60% des kurdophones qui sont écartelés entre le nord de la Syrie et de l'Irak, les anciennes républiques soviétiques, la Turquie et une partie de l'Iran et de l'Arménie.

7 Occidentaux tués

S'en est suivi un mois de formation au combat pour lutter aux côtés des Unités de protection du peuple kurde (les YPG), la branche armée du Parti de l'Union démocratique kurde syrien (PYD). Quatre cent volontaires occidentaux combattraient en leur sein, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Dont, à Rojava, la Brigade internationale de libération formée par des combattants étrangers et inspirée par les Brigades internationales de la guerre civile espagnole.

Au moins sept combattants occidentaux ont été tués dans leurs rangs: un Américain, un Britannique, deux Allemands deux Australiens et un Canadien, d'après les YPG eux-mêmes, une information confirmée par Reuters. S'ils devaient rentrer au pays, ces deux Romands risqueraient jusqu'à 3ans de prison ou une peine pécuniaire, rappelle le quotidien vaudois.

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