Actualisé 13.07.2007 à 07:12

Deux stars au bout de la nuit

Voix de velours et toucher de guitare unique, Al Jarreau et George Benson ont illuminé le Stravinski.

«Sa voix swingue toujours autant», s'exclame une fan un large sourire aux lèvres. «Je ne me lasse pas de l'écouter», ajoute sa voisine. Dans sa tenue noire et blanche, éclatante comme les notes d'une partition bien réglée, Al Jarreau a vite transformé la curiosité du public en franche sympathie. Il faut dire qu'un autre géant du swing, George Benson, l'accompagnait dans cette croisière musicale d'un soir. Les deux capitaines au long cours se connaissent bien. Ils ont même enregistré un CD ensemble. Cela s'est vite remarqué sur la scène de l'Auditorium Stravinski, hier soir. Notamment dans l'interprétation des standards que les deux artistes ont égrénés avec bonheur pendant près d'une heure trente.

Il faut dire aussi que dans le répertoire jazz, pop, rythm'n blues ou bossa nova, chacun a su garder sa patte. Son territoire musical intact. Celui d'Al Jarreau s'est ouvert une voie royale dans la voix. Si elle n'est plus aussi souple que par le passé, elle a su garder ce velouté de crooner qui aime toujours jouer avec les mots et les étirer jusqu'aux limites. Le territoire de George Benson était, lui, plus instrumental. Le guitariste américain s'est surtout mis en évidence grâce à son toucher unique. Toujours aussi magique et puissamment rythmé dans ses morceaux les plus connus.

Reste que si les deux musiciens n'ont pas réellement surpris ou improvisé comme une partie du public l'attendait, ils ont démontré que leur musique résiste très bien au temps. Qu'elle aurait pu facilement se prolonger encore une bonne partie de la nuit. Comme le réclamait ce groupe de fans qui fredonnaient «Give me the Night» en quittant les lieux.

Giancarlo Mariani

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