Actualisé 16.07.2014 à 08:03

Russie

Deux suspects détenus après le drame du métro

Deux personnes ont été arrêtées pour non respect des normes de sécurité après le déraillement du métro de Moscou, survenu mardi, en Russie.

Deux suspects ont été interpellés après le déraillement d'une rame du métro de Moscou qui a causé la mort d'au moins 21 personnes, l'accident le plus grave jamais survenu dans le métro moscovite, a annoncé mercredi le Comité d'enquête russe.

«Les enquêteurs ont interpellé deux suspects pour violation des normes de sécurité dans les transports», a indiqué le comité, principal organe chargé des investigations criminelles en Russie, dans un communiqué. Il s'agit du contremaître Valéri Bachkatov et de son assistant Iouri Gordov.

Travaux préparatoires

Selon les enquêteurs, à partir de mai dernier, sur le tronçon entre les stations Park Pobedy et Slavianskï Boulevard, où s'est produit la catastrophe mardi matin à l'heure de pointe, des travaux préparatoires avaient été lancés afin d'installer un nouveau système d'aiguillage.

«Bachkatov et Gordov ont été directement impliqués dans ces travaux et dans le suivi de leur mise en oeuvre», a ajouté le Comité d'enquête. Or, ces travaux n'ont pas été menés correctement, a estimé cette même source. Les deux hommes ont d'ores et déjà été interrogés, a précisé le Comité d'enquête, ajoutant qu'ils seront inculpés «au plus vite».

Poutine veut une enquête

Le déraillement de trois voitures du métro de Moscou a provoqué la mort d'au moins 21 personnes et fait plus de cent blessés.

Le président russe Vladimir Poutine avait demandé l'ouverture d'une enquête criminelle pour établir les circonstances de cette tragédie. Lorsque l'enquête aura révélé les causes de l'accident, «ceux qui sont coupables devront s'attendre non seulement à être renvoyés, mais aussi à des poursuites judiciaires», avait alors promis le maire de Moscou, Sergueï Sobianine.

Ouvert en 1935 sous Staline, le métro de Moscou, dont de nombreuses stations sont des joyaux architecturaux, revendique aujourd'hui l'un des flux de passagers les plus élevés au monde. (afp)

Demande d'enquête «transparente»

La presse russe demandait mercredi l'ouverture d'une enquête «transparente» au lendemain du déraillement d'une rame de métro à l'heure de pointe, qui a causé la mort d'au moins 21 personnes, l'accident le plus grave jamais survenu dans le métro moscovite.

«Des gens normaux ont pris le métro (...) Quelques minutes plus tard, des passagers malchanceux se sont retrouvés dans un hachoir à viande», écrit le journal populaire Moskovski Komsomolets, qui titre «Cauchemar dans le métro».

«C'est une tragédie qui doit rester dans nos mémoires. Il faut un audit transparent et complet sur le système de transport de la capitale», exige le quotidien Vedomosti.

«Si l'enquête n'est pas équitable et si elle rejette la responsabilité sur le conducteur ou sur un autre bouc émissaire», les autorités risquent de provoquer la colère des habitants de Moscou, prévient le site Gazeta.ru qui dénonce «les équipements vieillots, les économies faites sur la sécurité, une mise à niveau technologique en retard».

Le métro moscovite, «où le wifi gratuit côtoie des infrastructures soviétiques», est devenu une «fatalité pour quasi tous les habitants de la capitale», conclut Gazeta.ru.

Le quotidien Vedomosti dénonce aussi la centralisation «démesurée» de la capitale russe, qui provoque chaque jour des flux de passagers trop importants dans le métro.

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