Genève: «Deux tiers des contaminations passent par les mains»
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Genève«Deux tiers des contaminations passent par les mains»

Les TPG et les HUG ont lancé lundi une campagne de sensibilisation à l’utilisation du gel hydroalcoolique. Au total, 25’000 flacons seront distribués gratuitement aux passagers des trams et des bus.

par
Léonard Boissonnas
Le professeur Didier Pittet a rappelé l’importance de se désinfecter les mains avec du gel hydroalcoolique.

Le professeur Didier Pittet a rappelé l’importance de se désinfecter les mains avec du gel hydroalcoolique.

leo/20 min

Se protéger et protéger les autres contre le Covid en utilisant du gel hydroalcoolique, c’est ce qu’ont voulu rappeler, en particulier en ce lundi de reprise de l’activité dans les commerces, les Transports publics genevois (TPG) et la task force des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), qui pilote la campagne Stop Covid. Les deux entités se sont associées pour sensibiliser les usagers des TPG.


«On a beaucoup parlé du masque, mais deux tiers des contaminations passent par les mains, a insisté le professeur Didier Pittet, médecin infectiologue et épidémiologiste aux HUG. Aujourd’hui, on a l’impression que la vie reprend, mais cette reprise est très symbolique, on aimerait surtout ne pas revenir à des consignes plus importantes.» D’où la nécessité de faire une piqûre de rappel avec cette opération de sensibilisation.

Quelque 2500 flacons par jour

Le directeur général des TPG, Denis Berdoz, a souligné que la régie a déjà mis en place la désinfection complète des véhicules chaque jour, ainsi que l’ouverture des portes aux arrêts pour les aérer, et attend de sa clientèle qu’elle porte le masque aux arrêts et à bord. «Cette fois, nous allons un cran plus loin et distribuons du gel dans les véhicules», a-t-il rapporté. Une «action de prévention», qui durera deux semaines, les jours ouvrables et aux heures de pointe le matin et le soir. En tout, 25’000 flacons fabriqués par l’entreprise Givaudan et mis à disposition par la cellule de crise du Canton ORCA GE vont être distribués gratuitement par une trentaine de collaborateurs dans les TPG, soit 2500 par jour. En outre, 26 étudiants iront à la rencontre des passagers à Cornavin ou à Bel-Air pour leur proposer une désinfection des mains et une information sur les bons usages en vigueur. Enfin, deux visuels seront diffusés sur les 1500 écrans situés dans les véhicules

«Retenue» à prendre les TPG

Si, comme l’a reconnu le conseiller d’État Serge Dal Busco, chargé du Département des infrastructures, «il y a encore une certaine aversion et une retenue à prendre les transports publics» (ndlr: la fréquentation des TPG oscille entre 60 et 65% actuellement), le professeur Didier Pittet a voulu rassurer en soulignant que, selon une étude française, «les transports publics n’augmentent pas le risque d’acquisition du Covid», tandis qu’une autre étude a pu démontrer que, lors du premier confinement, les villes où les transports publics avaient été arrêtés, il n’y a pas eu de baisse des infections. «Notre message est: Reprenez les TPG en appliquant les gestes barrière, a encore ajouté Serge Dal Busco. Soyons responsables, continuons les efforts nécessaires pour retrouver le chemin de la liberté.»

Créer des réflexes

Après les transports publics, la campagne de sensibilisation devrait se déployer dans d’autres secteurs, comme le commerce (salons de coiffure, grande distribution par exemple), les associations caritatives, sportives ou encore culturelles: «C’est maintenant qu’il faut le faire car tout le monde n’est pas encore vacciné, a indiqué le coordinateur de la campagne, Christophe Lamps. Avant, on faisait beaucoup de digital, en particulier les réseaux sociaux, cela permettait de toucher toutes les cibles, notamment les jeunes. Maintenant, on va sur le terrain. On veut faire des actions coup de poing pour marquer les esprits et créer des réflexes. Cela se met en place maintenant à Genève, et cela devrait suivre ensuite dans d’autres cantons, comme Vaud ou le Valais, probablement avec d’autres actions.»

«Quelques heures» sur les surfaces

Le professeur Didier Pittet a expliqué que, concernant le Covid, aucune étude définitive n’existe, mais, sur les virus respiratoires, «nous avons une expérience de vingt-cinq ans, et l’essentiel des infections respiratoires passe par les mains», soit par contact direct entre deux personnes qui se touchent ou en se touchant soi-même, soit indirectement par contact avec l’environnement. Sur les surfaces, le virus ne reste en général que «quelques heures», même si on a pu montrer qu’il pouvait parfois «survivre» jusqu’à un ou deux jours. Quant à l’utilisation de gants, «c’est une fausse bonne idée», a déclaré le médecin. «Cela ne remplace pas le gel hydroalcoolique.»

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