Actualisé 24.03.2015 à 11:18

Suisse

Deux tiers des jeunes veulent deux enfants

Près de deux tiers des jeunes de 20 à 29 ans vivant en Suisse souhaitent avoir deux enfants. Mais la réalité se révèle ensuite bien différente.

Le renouvellement des générations serait assuré si les désirs exprimés avant le passage du cap de la trentaine se concrétisaient. Les femmes en âge de procréer auraient en moyenne 2,2 enfants, dépassant le seuil nécessaire de 2,1. Mais, depuis des années, le nombre moyen se situe aux alentours de 1,5, a souligné devant la presse Yvon Csonka, de l'Office fédéral de la statistique (OFS).

Le niveau de formation a une influence sur cet état de fait. Près d'un tiers des femmes de 50 à 59 ans au bénéfice d'un diplôme du degré tertiaire restent sans bambin. La proportion chute à 17% chez les diplômées du secondaire II, et à 13% chez celles sans formation postobligatoire, a dit mardi à Berne le responsable des analyses thématiques et des enquêtes à l'OFS.

Toujours le dilemme pour les femmes

Le dilemme entre vie professionnelle et familiale existe chez les 20-39 ans, avant tout chez les femmes. Plus de deux tiers d'entre elles considèrent qu'un (autre) enfant dégraderait leurs perspectives de carrière, contre 37% des hommes.

Celles qui ont un niveau de formation secondaire II (62%) et tertiaire (67%) s'inquiètent nettement plus que leurs consoeurs au bénéfice de la scolarité obligatoire. Ces dernières ne sont que 43% à craindre des conséquences négatives sur leur activité professionnelle.

Mères qui travaillent mieux acceptées

Le regard de la société sur les mères qui travaillent a pourtant passablement évolué ces deux dernières décennies. Si six hommes sur dix estimaient lors de l'enquête conduite en 1994/1995 qu'un enfant souffre dans cette situation, ils ne sont plus que 44% à le penser en 2013.

La tendance observée chez leurs compagnes féminines recule de façon similaire. Alors qu'une femme sur deux désapprouvait la conciliation avec un métier par les mères, ce taux a baissé à un tiers.

Garde externe en jeu

D'autres facteurs influent sur la décision d'avoir un (autre) enfant chez les personnes de 25 à 39 ans, a complété Andrea Mosimann, de la section démographie et migration de l'OFS. Parmi ceux-ci, les possibilités de garde.

Là aussi, le niveau de formation joue un rôle certain. Plus de la moitié des diplômées du degré tertiaire accordent une importance aux options de prise en charge, contre environ un tiers en moyenne chez celles du secondaire II et sans formation postobligatoire. Chez les hommes, cette préoccupation diffère peu selon le diplôme, les trois catégories se situant aux alentours des 40 utilisent la garde extrafamiliale

Dans les faits, les ménages avec enfants de 0 à 12 ans sont près de 70% à avoir recours à l'accueil extrafamilial. La garde gratuite est l'apanage de 27% des familles, la prise en charge uniquement payante de 21%, et la combinaison des deux solutions de 20%.

Sans surprise, les foyers domiciliés dans les grandes villes font deux fois plus appel à la garde externe uniquement payante que leurs homologues des régions rurales. Et le tableau s'inverse concernant l'aide gratuite, avec 15% dans les cités, et plus de 30% pour les zones de campagne.

Autre critère de décision avant d'avoir un (autre) enfant: le partage des soins au sein du couple. Celui-ci importe clairement davantage aux femmes de formation supérieure (quelque 40%) qu'à celles du degré secondaire II (20%) ou au bénéfice de la scolarité obligatoire (moins de 10%). Côté masculin, la tendance est la même, bien que l'écart soit moins grand (environ 25% - 20% - 12%).

L'Office fédéral de la statistique a conduit son enquête auprès de plus de 17'000 personnes résidant en Suisse. L'âge des participants oscille entre 15 et 79 ans. (ats)

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