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Deux Vaudois remportent un césar dans l'anonymat

ROLLE – François Musy et Gabriel Hafner ont gagné le César du meilleur son le 24 février à Paris. Le prix est passé inaperçu en Suisse.

Une semaine après avoir été récompensés pour leur travail sur le film français «Quand j'étais chanteur», les deux ingénieurs du son helvétiques n'ont toujours pas reçu de message de félicitations de la part des autorités fédérales. Etonnant, selon les deux intéressés, qui travaillent à Rolle. «Un césar est la plus haute distinction que l'on peut avoir en Europe», explique François Musy, qui a souvent collaboré avec Jean-Luc Godard durant ses vingt ans de métier. Et rares sont les Suisses à avoir déjà obtenu un césar (Alain Tanner, Francis Reusser ou encore Hugues Ryffel).

Nicolas Bideau, le Monsieur Cinéma suisse, a suivi la cérémonie en direct à la télévision. «Je leur ai écrit une lettre vendredi dernier. Elle partira aujourd'hui. C'est la moindre des choses.» Il avoue ne pas avoir eu le temps de le faire avant parce qu'il était en vacances.

Cette absence de réaction immédiate suscite quelques commentaires dans la profession. Le réalisateur lausannois Lionel Baier estime qu'il faudrait valoriser davantage les films et les techniciens qui s'exportent. «Je trouve dommage qu'on parle plus de Monsieur Cinéma que du cinéma suisse», ajoute-t-il, en référence aux multiples apparitions médiatiques de Nicolas Bideau. De son côté, le producteur vaudois Jean-Louis Porchet estime que les responsables du cinéma pensent plus à leur ego qu'à féliciter les autres.

Dominique Botti

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