Actualisé 21.03.2017 à 15:10

SuisseDevenez détective pour piéger les infidèles!

Une start-up lucernoise a monté une plateforme d'un genre nouveau. Tout un chacun peut aider à dénoncer les écarts des autres et mettre ainsi un peu de beurre dans les épinards.

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fdu/dmz
Des simples quidams peuvent se la jouer Sherlock Holmes.

Des simples quidams peuvent se la jouer Sherlock Holmes.

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E.T. avait contacté le petit copain d'une amie pour des banalités, la réponse reçue l'avait interpellée: «Passe donc me voir quand ma copine ne sera pas là.» Elle en a alors parlé à son amie, qui a voulu qu'elle teste la fidélité de son mec. La conclusion a été sans appel: il n'était pas contre un cinq à sept de temps en temps.

Depuis, E. a fait de la traque aux infidèles une de ses préoccupations. «Je tiens toutefois à rester anonyme et évite à présent de le faire dans mon cercle proche», explique-t-elle à «20 Minuten». C'est pourquoi la trentenaire a offert ses services à la plateforme «Kill Valentine» (Tue mon/ma Valentin(e), qui s'est spécialisée dans la recherche de preuves d'adultère.

Des amateurs et de vrais pros

Les enquêteurs sont soit des amateurs comme cette lectrice, soit des professionnels aguerris. Certains jouent aussi les appâts. Et ce sont eux qui proposent les tarifs. «Le client décide qui il engage», explique Alain Hofer, créateur de «Kill Valentine».

Ce modèle d'affaires ne convainc pas Bruno Strebel, directeur d'un centre de formation de détectives privés. «Mélanger ainsi les pros et les amateurs, ce n'est pas sérieux et ça discrédite notre profession. Rien que le travail d'observation nécessite une formation et de l'expérience», s'insurge-t-il. Par ailleurs, il craint que des Sherlock Holmes en herbe ne finissent par avoir des problèmes avec la justice, «car ils ne savent pas jusqu'où ils peuvent aller».

Alain Hofer répond que chaque utilisateur a accès au profil du détective, formé ou non, et à ses qualifications. Par ailleurs, son efficacité est évaluée par les clients. «Et tant que la surveillance se fait dans l'espace public, on ne viole aucune loi», assure l'entrepreneur.

Pas de cadre légal

En Suisse, aucune loi n'encadre la profession de détective privé. N'importe qui peut donc se revendiquer enquêteur. Le nombre des entreprises fournissant ce type de service ne fait qu'augmenter. En 2012, l'Office fédéral de la statistique dénombrait 781 sociétés d'«enquête et sécurité», dont «671 comptent moins de 10 employés et fournissent des services de détectives privés, de qualité très variable», selon la RTS.

A Genève et Neuchâtel, des licences sont délivrées par l'Etat. Elles sont accordées à tous, à condition d'avoir un casier vierge et d'être solvable.

«Espionner son partenaire tue la confiance»

Interrogé par «20 Minuten», Klaus Heer, spécialiste en thérapie de couple à Berne, relève que la fidélité tient une place toujours plus importante dans les relations amoureuses. Il souligne toutefois que «l'espionnage comme la tromperie tuent la confiance et la relation».

Selon lui, il faut être «particulièrement désespéré» pour avoir recours à des telles méthodes. Il les compare à une sorte de chant du cygne d'une relation amoureuse qui bat de l'aide depuis longtemps. Enfin, il concède que les appâts sont un moyen de déterminer si le partenaire est capable de s'embarquer dans un flirt. Mais si ce dernier résiste, «ce n'est pas forcément par amour», dit-il.

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