Actualisé 26.07.2019 à 11:46

Genève

Devenir explorateur en herbe le temps d'un été

Le Ludobus, qui sillonne les parcs genevois de mai à septembre, s'associe avec le Bioscope pour une plongée dans la biodiversité genevoise.

de
Lucie Fehlbaum
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Cette mousse va passer sous la loupe binoculaire.

Cette mousse va passer sous la loupe binoculaire.

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Un petit bout de végétal trouvé aux Bastions devient une forêt vierge.

Un petit bout de végétal trouvé aux Bastions devient une forêt vierge.

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Des guides et des bestiaires aident les enfants à nommer leurs découvertes.

Des guides et des bestiaires aident les enfants à nommer leurs découvertes.

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De mémoire d'homme, jamais une barre de chocolat n'avait déclenché si peu d'enthousiasme chez une petite fille. Vissée à un microscope, au cœur du parc des Bastions mardi dernier, l'enfant n'avait plus d'yeux que pour sa découverte. Obligée de céder aux appels de sa grand-mère, qui avait préparé le goûter, la fillette s'est assurée que le stand du Bioscope ne bougerait pas avant la fin de sa collation.

Scientifiques dans l'âme

L'équipe du Laboratoire de sciences biomédicales de l'Université de Genève (Bioscope) s'est associée au Ludobus (lire ci-contre) pour la première fois cet été. Après une semaine réussie aux Bastions, le labo s'apprête à conquérir le parc La Grange, du 19 au 22 août. «C'est un retour au sources de la science, les enfants sont naturellement curieux, ils vont chercher des brindilles ou des petites bêtes, se réjouit Candice Yvon, responsable pour le Bioscope du partenariat avec le Ludobus. Ils s'éclatent en découvrant le monde, comme les scientifiques.»

Matériel de pointe

Sur le stand des explorateurs en herbe, on trouve des bestiaires, des feuilles et des crayons pour consigner sa découverte, mais surtout deux microscopes de pro, reliés à des écrans. «Nous avons beaucoup de chance d'avoir ce matériel, utilisé par les scientifiques mais destiné ici au jeu. Les enfants ont généralement accès à ces objets plus tard et dans un contexte scolaire. Ici l'approche est plus détendue, plus ludique.» Les chercheurs en herbe se groupent autour des écrans, admirant la trouvaille du copain avant de s'asseoir derrière la loupe pour zoomer à fond sur son bout de feuille, sa fleur ou son gendarme.

Science pour tous

Cette possibilité de toucher à du matériel «sérieux» dans la détente a séduit les enfants, tous sexes confondus. «Pourtant nous rencontrons encore des filles qui pensent que la science est une affaire de garçon, s'étonne Candice Yvon. Lors de certains de nos ateliers, nous insistons sur la culture scientifique, sur l'histoire des objets pour sortir du schéma classique où les scientifiques mis en avant sont quasi-exclusivement des hommes. Toutefois, au Ludobus, les enfants viennent plus librement, il n'y a pas de frontière.» L'année prochaine, le Bioscope pourrait réitérer l'expérience et s'inviter plus longuement sur le parcours estival du Ludobus.

Les Genevois ne s'en passent plus

Les deux Ludobus, l'un rouge et l'autre bleu, parcourent les parcs pendant les vacances d'été. En période scolaire, ils sont présents dans les préaux, de 16h à 18h30, de mai à juin et en septembre. L'été, on en profite de 15h30 à 19h30. "Nous sommes des facilitateurs de jeu, formule Séverine Pochelon, responsable des Ludobus. On installe la dynamique, on propose des jeux mais sans être trop présent, c'est très subtil." Le matériel varie du déguisement au jeu de table, de la petite voiture au cerceau d'éveil pour tout-petit. Cette année, le Bioscope rejoint la fête et propose d'observer la biodiversité, à l'aide de jumelles et de microscopes. Les jeux se font sur place, gratuitement. "C'est un formidable outil pour la cohésion sociale, le jeu est essentiel au développement et favorise les rencontres, exprime, ravie, Esther Alder, conseillère administrative en charge de la cohésion sociale. Les Ludobus fonctionnent très bien. Ils ont visité 35 lieux en 2018 et ont rassemblé 17'000 visiteurs. Les Genevois ne pourraient plus s'en passer." L'été, le public change en fonction des parcs, note Séverine Pochelon. Les Bastions accueillent plutôt des petits, tandis qu'aux Acacias on croise des 10-13 ans. A Trembley, "c'est très international".

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