Dette grecque: Dialogue tendu entre Athènes et ses créanciers
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Dette grecqueDialogue tendu entre Athènes et ses créanciers

Les dernières propositions de réformes de la Grèce pour obtenir une nouvelle aide financière ne correspondent pas à ce qui avait été convenu. La balle est clairement dans le camp du gouvernement Tsipras, estime la Commission européenne.

La Grèce, dont la situation financière continue de s'aggraver, cherche à conclure un accord avec ses créanciers sur un ensemble de réformes économiques en échange d'une aide pour ne pas faire défaut sur sa dette à la fin du mois, quand elle pourrait devoir rembourser 1,6 milliard d'euros au fonds monétaire international (FMI).

L'Allemagne a fait savoir que tout accord devait recevoir l'assentiment des trois institutions créancières (Union européenne, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international).

«L'Allemagne n'acceptera un accord sur la Grèce que s'il est approuvé par les trois institutions, tout le reste est pure invention», a déclaré un porte-parole gouvernemental. Il réagissait à des informations de l'agence Bloomberg selon lesquelles Berlin serait prêt à assouplir sa position.

Rencontre tripartite

Il a ajouté que la chancelière Angela Merkel et le président français François Hollande devaient voir le premier ministre grec Alexis Tsipras dans la soirée à Bruxelles pour un «échange de vues» sur les négociations sur la dette.

M. Tsipras a par ailleurs rencontré mercredi le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker pour «un échange de vues détaillé dans un climat constructif», a-t-on appris dans l'entourage du gouvernement grec. Les deux hommes se verront à nouveau jeudi.

Perçu pendant plusieurs semaines comme un intermédiaire privilégié entre la Grèce et ses créanciers européens, M. Juncker a accusé dimanche Alexis Tsipras de déformer les propositions de ces derniers et de tromper les parlementaires grecs.

«Dernière ligne droite»

«Le travail se poursuit au niveau technique pour tenter de surmonter les divergences entre les différentes positions et créer les conditions d'un accord unanime entre les 19 membres de la zone euro», a dit mercredi un porte-parole de la Commission européenne, Margaritis Schinas.

«Dans cette dernière ligne droite, la Commission est de l'avis que la balle est maintenant clairement dans le camp du gouvernement grec. Il doit donner suite à l'accord conclu lors de la réunion avec le président (Jean-Claude) Juncker mercredi soir dernier», a-t-il poursuivi.

Ce porte-parole a précisé que le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Pierre Moscovici, avait annoncé dès mardi après-midi aux négociateurs grecs que les nouvelles propositions d'Athènes ne reflétaient pas le contenu des dernières discussions avec l'exécutif européen.

De son côté, une source gouvernementale grecque a indiqué qu'Athènes discutait avec ses créanciers d'une extension de neuf mois de son programme de redressement prévoyant de nouveaux financements pour le pays. La Grèce s'est dite en outre «prête à discuter» de nouvelles concessions sur le plan budgétaire afin de parvenir à un accord avec ses créanciers sur le déboursement d'une aide financière vitale, selon la même source. (ats/afp)

Standard and Poor's abaisse encore la note de la Grèce

L'agence de notation a abaissé encore davantage mercredi la note de la Grèce à «CCC», au lieu de CCC précédemment, soulignant que sans accord avec ses créanciers, Athènes devrait faire défaut sur sa dette dans les douze mois.

La perspective de la note est négative ce qui implique que S&P pourrait l'abaisser encore davantage si aucun progrès n'est enregistré dans les négociations en cours entre le gouvernement grec et ses créanciers de l'Union européenne, la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI).

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