Actualisé 19.01.2012 à 15:57

Ski alpinDidier Cuche raccroche les lattes

Didier Cuche ne rempilera pas en fin de saison. Prenant de court le Cirque blanc, le Neuchâtelois a annoncé sa retraite sportive pour la mi-mars.

Le skieur des Bugnenets a fait part de sa décision lors d'une conférence de presse à Kitzbühel (Aut). Pour un athlète qui va vers ses 38 ans, ce choix n'est pas surprenant en soi. «Je suis en forme, en bonne santé et toujours capable de gagner des courses. J'ai envie de m'en aller alors que je suis au plus haut niveau», a-t-il justifié.

Parmi les observateurs, peu de monde avait imaginé que Cuche informerait déjà en janvier sur la suite de sa carrière. Et encore moins qu'il ferait cette annonce la veille d'une course. Pour mémoire, en mars dernier, il avait attendu les finales de Lenzerheide pour se prononcer sur son avenir.

Mais cette fois-ci, au lieu d'attendre la fin de l'hiver ou son retour en Suisse, Cuche a préféré le site de Kitzbühel pour mettre les choses au clair. Symboliquement, le Neuchâtelois ne pouvait en effet difficilement choisir mieux.

C'est sur la Streif qu'il a conquis son premier succès sur le circuit (1998), puis qu'il est définitivement entré dans la légende avec un record de quatre succès en descente ( 1 en super-G). Ce total pourrait encore grimper, s'il tient son rang de favori vendredi (super-G) et samedi (descente).

«C'est ici que mon histoire a commencé. Je m'y suis toujours senti chez moi. C'est sur cette piste que j'ai obtenu mes plus beaux succès», a commenté Cuche. «Je n'ai pas pris cette décision du jour au lendemain. J'y pense depuis le printemps dernier» a-t-il ajouté, précisant toutefois que ce n'est qu'en route pour Kitzbühel qu'il avait décidé de rendre public son choix.

Incroyable palmarès

En se retirant, Cuche va laisser un énorme vide au sein du Cirque blanc, mais aussi dans le sport suisse. Depuis ses débuts en Coupe du monde en décembre 1993, il s'est bâti l'un des plus florissants palmarès de l'histoire: 62 podiums en Coupe du monde (dont 18 victoires), 6 globes de cristal, 4 médailles aux Mondiaux (dont un titre en super-G) et 1 médaille aux JO. Dans les annales du ski alpin helvétique, seul Pirmin Zurbriggen peut véritablement afficher un plus beau CV.

Outre par ses résultats, Cuche a servi de modèle à toute une génération de skieurs suisses, tant par son perfectionnisme, sa technique ou son mental de gagneur. A l'origine du renouveau du ski suisse fin 2006, il a ainsi joué les locomotives pour permettre les éclosions des Daniel Albrecht, Carlo Janka et autre Beat Feuz.

Incroyable popularité

Le rayonnement du skieur du Val-de-Ruz ne s'arrête toutefois pas à l'équipe de Suisse, ni à la seule Coupe du monde. Ces dernières années, il a bénéficié d'une rare popularité dans tout le pays.

Ses multiples succès et sa maîtrise du suisse allemand y sont pour beaucoup. Mais aussi son caractère, qui mélange dureté et émotivité, ambition et humilité, sérieux et humour. Ses titres de «Sportif suisse de l'année» (2009 et 2011) et même, depuis samedi dernier, de «Suisse de l'année 2011» sont là pour prouver sa renommée au-delà du monde du ski alpin.

Avant de tirer sa révérence mi-mars aux finales de Schladming (Aut) et de songer à sa reconversion, Cuche a de quoi parachever sa carrière. Outre ses courses fétiches de Kitzbühel cette fin de semaine, il doit encore en découdre avec d'autres pistes qu'il affectionne comme à Garmisch (All), Chamonix (Fr) ou Kvitfjell (No).

Autant de rendez-vous qui pourraient lui permettre de terminer en beauté à Schladming avec de nouveaux globes en descente et super-G. Quant au public suisse, il pourra lui faire ses adieux les 25 et 26 février à Crans-Montana, où la Coupe du monde s'arrêtera pour un géant et un super-G. (ats)

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