Ski alpin - Didier Défago en piste à Zermatt
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Ski alpinDidier Défago en piste à Zermatt

Le Morginois a créé le futur tracé de Coupe du monde de la station valaisanne. Un parcours hors du commun – sur deux pays – dont le départ se situe à près de 4000 m d’altitude.

par
Claude-Alain Zufferey
Didier Défago au terme de sa dernière course de Coupe du monde en 2015. Aujourd’hui, il est passé dans le camp des organisateurs.

Didier Défago au terme de sa dernière course de Coupe du monde en 2015. Aujourd’hui, il est passé dans le camp des organisateurs.

AFP

Les stations de Zermatt et de Cervinia pourraient intégrer le calendrier de la Coupe du monde de ski alpin dès la saison 2023/24. Le dossier porté conjointement par le Valais et la Vallée d’Aoste a suscité un gros intérêt auprès de la Fédération internationale de ski (FIS).

Les promoteurs du projet «The Matterhorn World Cup» ont fait appel à Didier Défago pour créer la piste qui doit accueillir les meilleurs descendeurs et descendeuses du monde. Le champion olympique de la spécialité en 2010 à Vancouver n’en est pas à son coup d’essai dans le domaine. «J’ai débuté comme observateur aux côtés de Bernhard Russi, lorsqu’il a créé la piste pour les Jeux olympiques de PyeongChang. Puis j’ai continué à collaborer avec lui pour celle de Pékin», explique le Valaisan.

«De par sa longueur, la piste sera éprouvante physiquement»

Didier Défago, créateur du parcours de Zermatt/Cervinia

Ce tracé de 5 km sera unique sur le circuit, car son départ se situe à Gobba di Rollin (3899 m d’altitude), en Suisse, et son arrivée à Laghi Cime Banche (2814 m d’altitude), en Italie. «L’idée est de lancer la saison sur cette piste. Elle ne sera pas très difficile techniquement. Mais de par sa longueur, elle sera éprouvante physiquement. Les coureurs seront en course entre 2’30’’ et 2’40’’. Cette descente sera complète avec des grandes courbes de super-G, deux passages à très haute vitesse, et une partie de glisse comme celle du chemin à Kitzbühel», relève Didier Défago.

Un impact écologique limité

Les deux tiers du site de compétition se situent sur le domaine skiable du glacier du Théodule. L’impact écologique sera donc moindre. «Nous aménageons des lieux existants et utilisés pour le tourisme. Nous allons travailler uniquement sur le bas du parcours afin de créer des mouvements de terrain pour deux gros sauts», poursuit l’ancien descendeur.

Le Cervin sera-t-il une étape de la Coupe du monde de ski dès la saison 2023/24?

Le Cervin sera-t-il une étape de la Coupe du monde de ski dès la saison 2023/24?

AFP

Un autre gros avantage: fin octobre, début novembre, à ces altitudes, les conditions de neige sont assurées. Il faudra juste que la météo soit de la partie. «À ce moment de la saison, les courses ne s’enchaînent pas tous les deux jours. À mon avis, la FIS pourra plus facilement prendre le temps. Pour notre sport, ce sera top d’avoir la technique à Sölden et la vitesse à Zermatt/Cervinia. La saison sera vraiment bien lancée.»

«C’est important pour le Valais, de pouvoir montrer que nous avons de la neige à cette période de l’année»

Didier Défago, créateur du parcours de Zermatt/Cervinia

En tant que président des Remontées mécaniques du Valais, le Morginois voit également d’un très bon œil cette collaboration transfrontalière et la possibilité de vendre du ski plus tôt dans la saison. «C’est important pour le Valais, pour la Suisse, de pouvoir montrer que nous avons de la neige à cette période de l’année. L’Autriche avec Sölden l’a très bien compris», conclut-il.

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