Ski alpin: Didier Défago livre ses quatre vérités
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Ski alpinDidier Défago livre ses quatre vérités

Leader d'une équipe de Suisse en pleine déliquescence, le Valaisan a mis les choses au point à Val d'Isère.

par
Marc Fragnière
Val d'Isère
Didier Défago a la langue bien pendue

Didier Défago a la langue bien pendue

Seul Helvète qualifié pour la deuxième manche du géant, Didier Défago a pris une 22e place non conforme à ses ambitions. Le champion olympique de descente qui visait un top 15 n'a cependant pas fait le déplacement de la Haute-Tarentaise pour rien. Il a livré ses quatre vérités sur la crise que traverse actuellement Swiss-Ski et sur le retour «messianique» de Didier Cuche.

«Avec lui, on va tout gagner», déclare-t-il ironiquement avant de se reprendre: «Je n'ai rien contre Didier, j'étais sûr qu'il reviendrait. Il peut sans doute apporter quelques trucs. Néanmoins la façon dont son retour a été annoncé par la fédération, c'est une catastrophe. Swiss-Ski ne sait pas gérer les situations difficiles. L'entraîneur en chef non plus. Leur façon d'agir, c'est un peu comme si je pensais appeler Martin Rufener (ndlr: le prédécesseur d'Osi Inglin) pour lui dire de venir donner des conseils à Swiss-Ski et à Osi».

A défaut de joindre l'acte à la parole, Défago poursuit son état de lieux: «On s'entraîne comme les petites nations, trois athlètes ici, deux là. J'avais déjà dit ce que je pensais de ça le printemps dernier. Les Français, les Italiens, les Autrichiens débarquent toujours à l'entraînement avec 8-10 athlètes. On doit retrouver une certaine concurrence au sein de l'équipe».

«Plus de la moitié de l'équipe revient de blessure»

Remonté comme une pendule, le Valaisan insiste: «En technique, on est loin d'avoir une grosse armada. Pourtant on laisse 'pisser' depuis longtemps alors qu'en vitesse on a tendance à oublier que plus de la moitié de l'équipe revient de blessure. Trois gaillards n'ont remis les skis qu'en septembre (ndlr: Patrick Küng, Marc Gisin et Vitus Lüönd). Carlo Janka a démontré à Beaver Creek qu'il était sur le bon chemin (ndlr: 11e en descente et 18e en super-G) en vitesse. Küng réalise un excellent début de saison compte tenu de sa blessure. Quant à Gisin, il a peut-être besoin d'un peu plus de temps».

Défago refuse de peindre le diable sur la muraille plus qu'il ne le faut: «Les jeunes skient vite aux entraînements mais ça ne marche pas en compétition. On devrait peut-être s'aménager des conditions de course, avec des pistes marquées. Quant à moi, je poursuis mon chemin. Je savais que je serais un peu sur le devant de la scène cette saison. Ça ne me dérange pas. Le retour en Europe me fait du bien et je me réjouis de la tournée italienne où j'ai obtenu de bons résultats par le passé. Je dresserai un premier bilan après Bormio».

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