«A most violent year»: Difficile de rester honnête dans un monde corrompu
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«A most violent year»Difficile de rester honnête dans un monde corrompu

La puissance de l'argent contre la puissance des armes: tel est le combat sans pitié que met en scène «A most violent year».

par
Catherine Magnin

New York, 1981. Abel Morales (Oscar Isaac) est à deux doigts de réaliser son rêve: cet immigré vient de signer un accord qui devrait lui permettre d'acquérir un point de ravitaillement stratégique pour le fuel qu'il écoule dans la ville.

Cela ne plaît ni à la pègre locale, qui lui s'en prend à ses employés, ni aux autorités, qui l'accusent de fraude fiscale. Abel ne tient pas à armer ses hommes. Il est convaincu que ses comptes, dont s'occupe sa femme (Jessica Chastain), sont en règle. Jusqu'à quand pourra-t-il tenir cette position?

Les personnages avant tout

Comme dans ses précédents films, «Margin Call» (sur la crise financière de 2008) et «All is lost» (sur un marin solitaire à la dérive sur l'océan), le réalisateur américain J. C. Chandor, 41 ans, place les personnages et la psychologie au centre de «A most violent year». Il y a bien quelques scènes d'action, des poursuites palpitantes et des confrontations parfois musclées.

Mais l'essentiel est ailleurs, dans les visages, les regards où l'effort de persuasion est à son comble. Ajouté à la sobriété du scénario et à la reconstitution soignée de la Grosse Pomme des années 80, ce parti-pris permet à Chandor d'imposer sa patte.

«A most violent year»

De J. C. Chandor. Avec Oscar Isaac, Jessica Chastain.

Sortie le 8 avril 2015.

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