marché du travail: Difficile réinsertion pour les fins de droit

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La réinsertion sur le marché du travail pour les personnes arrivées en fin de droit offre un tableau contrasté.

Si 64% retrouvent un job dans les cinq ans, elles doivent souvent accepter des emplois et des salaires peu attractifs, selon une étude de l'OFS publiée vendredi.

Chaque année, quelques dizaines de milliers de personnes arrivent en fin de droit aux indemnités de l'assurance chômage. L'Office fédéral de la statistique (OFS) s'est penché sur leur réinsertion.

L'OFS montre ainsi que si 64% des personnes sont à nouveau actives dans les cinq ans, 17% cherchent toujours un emploi et 19% sortent du marché de tavail pour des raisons diverses (âge ou départ à l'étranger par exemple). Les données analysées portent sur les cinq ans précédents le 2e trimestre 2008.

Si cette période a été marquée par une embellie économique dès 2004, ce n'est qu'à partir de 2006 que s'observe une diminution du nombre de personnes arrivées en fin de droit au chômage. En 2008, elles étaient 19'912.

Au terme des 400 jours d'indemnités prévus pour les cas ordinaires, certains catégories de la population sont plus touchées. Les 30-44 ans représentaient 41% des personnes arrivées en fin de droit, une proportion identique chez les 45-64 ans. En revanche, la proportion des jeunes est moindre (18%), une réalité due à la forte création d'emplois qui leur a mieux profité.

Etrangers touchés

Le risque d'arriver en fin de droit est élevé pour ceux qui ne bénéficient que d'une scolarité obligatoire, pour les femmes et surtout pour les étrangers. Alors que ces derniers forment 23% de la population active en Suisse, ils représentent 45% des personnes ayant épuisé leur droit au chômage.

La plupart des gens retrouvent un travail dans l'année. Reste que pour les chanceux, les conditions ne sont souvent pas idéales: le travail «flexible» - sur appel ou intérimaire notamment - ou les contrats à durée déterminée sont plus répandus pour les personnes passées par le chômage que pour le reste de la population active.

Il s'agit souvent aussi d'accepter un temps partiel. Par exemple, 27% des hommes réinsérés sont dans ce cas contre seulement 12% de leurs congénères restés actifs. La moitié d'entre eux se considèrent en sous-emploi.

Salaires plus bas que la norme

Outre ces désavantages, il faut encore compter avec un salaire nettement en-dessous de la norme. Une personne ayant retrouvé un emploi salarié perçoit ainsi 26,20 francs de l'heure (salaire horaire médian) contre 34,50 francs pour un salarié normal, soit environ un quart de moins.

Le temps partiel ajouté à un salaire peu attractif s'avère particulièrement difficile pour les familles. Conséquence, 38% des personnes ayant épuisé les prestations de chômage perçoivent des subsides à l'assurance-maladie et 13% reçoivent d'autres soutiens comme l'aide sociale, souligne l'OFS.

(ats)

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