Web: Diffuser une sextape en ligne par vengeance
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WebDiffuser une sextape en ligne par vengeance

Diffuser une vidéo de ses ébats dans le but de se venger de son ex est toujours plus courant. Des sites paient même ces vidéastes, puis font chanter les victimes.

par
Sarah Zeines/Jason Huther
Des séquences érotiques sont tournées par amour ou à l'insu du partenaire. Elles servent parfois d'arme ayant une audience planétaire.

Des séquences érotiques sont tournées par amour ou à l'insu du partenaire. Elles servent parfois d'arme ayant une audience planétaire.

Le «revenge porn» est un phénomène venu des Etats-Unis. Il essaime à travers le monde. Le principe: publier sur le Net des photos ou des vidéos intimes afin d'humilier une personne avec qui on a couché. Depuis peu, la pratique a gagné en sordidité, puisque des sites proposent une rétribution (1 fr. par visionnage) aux pourvoyeurs et exercent une forme de chantage sur les victimes: 500 fr. pour désactiver un contenu.

Des lois interdisant ces diffusions viennent d'être votées au Canada et en Californie (lire encadré). Parmi les plateformes, stockssalopes.com a été supprimée mercredi. On pouvait notamment y lire: «Sur cette photo, vous allez voir une salope suisse qui se fait baiser dans tous les sens et reçoit une giclée sur le visage.» D'autres sévissent encore et des hébergeurs agissent en Europe. De nombreuses femmes dénoncent cette offense à leur dignité sur des forums et auprès des autorités.

Les polices vaudoise et genevoise ont relevé des cas exceptionnels, qui ont été déférés devant les tribunaux. Toutefois, il n'existe pas de qualification spécifique du délit, selon Sylvain Métille, avocat spécialisé: «Différentes peines peuvent se cumuler, comme la contrainte ou la diffamation et jusqu'à 3 ans de prison pour un film sans consentement.» Mais, en premier lieu, le lésé veut que les fichiers soient effacés: «Une jurisprudence permet de l'exiger auprès de tous les acteurs de l'atteinte, comme le site.»

En outre, la victime peut demander une compensation financière pour les torts subis, notamment la restitution de l'argent fait sur son dos.

6 mois de prison

Telle est la peine maximale prévue pour les auteurs de «revenge porn» en Californie. Assortie d’une amende de 3000 dollars (2700 fr.), elle sanctionne l’acte de diffuser des images de parties intimes d’une personne avec la volonté de lui causer une détresse émotive profonde.

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