Actualisé 21.08.2008 à 09:45

Assistance au suicideDignitas en face d'un jardin d'enfants?

L'organisation d'aide au suicide Dignitas projette de concentrer ses activités à Wetzikon (ZH) dès le mois d'octobre prochain.

Son fondateur, Ludwig Minelli, y a acquis un bien immobilier, situé en face d'un jardin d'enfants, a communiqué jeudi la commune zurichoise, bien décidée à contrecarrer les projets de Dignitas.

L'emplacement choisi dénote d'un manque total de sensibilité, dénonce le conseil communal. Une école professionnelle se trouve également à proximité. Du point de vue du droit de la construction, le bâtiment peut toutefois être utilisé dans le but prévu par Dignitas, puisqu'il se situe dans une zone d'habitation où il peut y avoir des activités commerciales. Il abritait auparavant une entreprise d'électroménager.

La commune de Wetzikon est en train d'examiner les aspects légaux lui permettant de refuser la venue de Dignitas. La marge de manoeuvre est toutefois faible, puisque l'utilisation prévue est conforme au plan de zone, souligne-t-elle. A ses yeux, il vaut toutefois la peine d'examiner si les répercussions psychologiques sur les enfants et les écoliers peuvent être acceptées. Le cas échéant, la commune saisira la justice.

Polémique

Dignitas a suscité la controverse en Suisse et en Allemagne par ses suicides assistés auprès d'étrangers dans des appartements à Stäfa et à Maur (ZH). Les deux communes ont interdit à l'association de poursuivre ses activités en zone résidentielle. Ce fut également le cas à Schwerzenbach dans un local en zone industrielle, mais la commune a été déboutée par la justice.

Les méthodes utilisées par Dignitas ont également suscité la controverse, notamment le fait que l'organisation propose désormais aux candidats au suicide des sacs contenant de l'hélium pour provoquer une perte de conscience puis la mort par asphyxie. Contrairement au natrium pentobarbital (NAP), aucune ordonnance n'est nécessaire.

Le Conseil fédéral ne veut pas d'une loi sur l'aide au suicide. En juillet dernier, il a toutefois décidé d'examiner «de manière approfondie» la nécessité d'éventuelles dispositions législatives en matière d'assistance organisée. La décision a été saluée par Dignitas. (ap)

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