Nigeria: Diplomate suisse au pilori à cause de sa vie privée
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NigeriaDiplomate suisse au pilori à cause de sa vie privée

Les autorités d'Abuja ont ouvert une enquête lorsqu'elles ont appris que l'ambassadeur de Suisse vivait avec un homme. Celui-ci risque la prison ferme.

par
MLü/frs
Eric Mayoraz, ambassadeur de Suisse dans la capitale nigériane.

Eric Mayoraz, ambassadeur de Suisse dans la capitale nigériane.

photo: Kein Anbieter

«Nous avons une législation qui doit être suivie par tous. Si nous trouvons le coupable, il devra faire face à la colère de la loi.» Akinremi Bolaji est déterminé. Le porte-parole du Ministère des affaires étrangères du Nigeria a confirmé au journal local «Daily Trust» qu'une enquête avait été ouverte contre le compagnon d'Eric Mayoraz, ambassadeur de Suisse dans la capitale nigériane. Le diplomate vit pourtant depuis plusieurs années avec son conjoint brésilien. Celui-ci l'a accompagné dans ses missions précédentes à Madagascar et en Argentine. Mais la situation des homosexuels au Nigeria n'a rien de comparable. De lourdes peines de prison sont prévues pour les contrevenants, et au nord du pays, dans la partie musulmane, la charia prévoit même une lapidation à mort.

Le représentant de la Confédération n'a pas voulu commenter cette «lamentable affaire» et renvoie au Département fédéral des affaires étrangères. Son porte-parole, Pierre-Alain Eltschinger, n'est pas plus loquace: «Nous ne fournissons aucune information sur la vie privée de nos employés.» Martin Naef, conseiller national (PS/ZH), trouve «inacceptable que le Nigeria reproche à notre ambassadeur de vivre avec un homme, si tel est vraiment le cas. C'est à la Suisse de décider qui elle veut envoyer comme représentant. Et son orientation sexuelle ne joue aucun rôle.»

En Afrique, les lois antigays pullulent

L'homosexualité est diabolisée dans plusieurs Etats africains. Au Nigeria, pays le plus peuplé du continent, une législation est entrée en vigueur au début de 2014. S'afficher en public avec son conjoint, voire même apporter son soutien à une organisation de défense des homos, est, par exemple, passible de 10 ans de prison. La République démocratique du Congo ou encore le Liberia envisagent des lois allant dans le même sens.

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