Européens = «Mauviettes»: Dirigeants de Red Bull virés pour une carte du monde jugée raciste
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Européens = «Mauviettes»Dirigeants de Red Bull virés pour une carte du monde jugée raciste

Aux États-Unis, plusieurs hauts-placés de la société fabricante de boissons énergisantes ont perdu leur emploi après la diffusion, lors d’une réunion en interne, d’une carte du monde remplie de stéréotypes jugés racistes.

par
lph
Censée représenter le point de vue biaisé d’un consommateur américain ignorant, la carte du monde a coûté leur place à plusieurs cadres de Red Bull Amérique du Nord.

Censée représenter le point de vue biaisé d’un consommateur américain ignorant, la carte du monde a coûté leur place à plusieurs cadres de Red Bull Amérique du Nord.

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Red Bull a annoncé cette semaine s’être séparé de plusieurs de ses cadres aux États-Unis. Parmi eux, le directeur général de Red Bull Amérique du Nord, Stefan Kozak, ainsi que la directrice du marketing, Amy Taylor.

La raison de ces licenciements? Une carte du monde jugée raciste, dévoilée par le «Business Insider». Diffusé lors d’une réunion en interne à Détroit, en février dernier, le croquis assigne des stéréotypes réducteurs à différentes région du monde.

On peut notamment y lire «Mauviettes» pour désigner l’Europe, «call-center pour l’Inde ou encore «Les bombes vont ici» à côté du Moyen-Orient. La carte dans son intégralité:

  • États-Unis: «L’Amérique!!! On est les numéro 1!!!»
  • Alaska et Hawaï: «Plus d’Amérique!!»
  • Chine: «Ils fabriquent nos trucs»
  • Europe: «Mauviettes»
  • Moyen-Orient: «Méchants» et «C’est là que vont les bombes»
  • Canada: «Inhabité»
  • Inde: «Call-center»
  • Caraïbes: «Bateaux de croisière»
  • Asie du Sud-Est: «D’autres méchants»
  • Afrique: «Les animaux du zoo viennent de là»
  • Amérique du Sud: «C’est de là que vient le café, je crois»
  • Australie: «Kangourous»
  • Antarctique: «Froid»
  • Groenland: «Père Noël»
  • Japon: «TVs et caméras»

«Consommateur ignorant»

Le dessin se veut vraisemblablement humoristique. Selon le «NY Post», il est censé «représenter le point de vue déformé d’un consommateur américain ignorant». Quoi qu’il en soit, il n’a pas du tout fait rire les employés de la marque au taureau rouge. Pour autant, l’événement n’a pas eu de répercussion directe immédiate.

Mais tout s’est accéléré début juin, lorsque quelques300 membres du personnel de Red Bull ont signé une lettre adressée à leurs dirigeants pour protester contre le «silence public» de la marque autour du mouvement «Black Lives Matter».

«Mesures d'économie»

Le conseil d’administration de Red Bull a donc été tenu de réagir: «Nous rejetons le racisme sous toutes ses formes, nous l'avons toujours fait et nous le ferons toujours», peut-on ainsi lire dans un communiqué publié avant l’annonce des licenciements. «Red Bull valorise la contribution de chacun, quel qu’il soit.»

Responsable du marketing culturel mondial, Florian Klaas a lui aussi perdu son emploi. Il est celui qui avait montré la carte du monde durant la présentation, alors que ses supérieurs Stefan Kozak et Amy Taylor le lui avaient déconseillé. Officiellement, Klaas a été licencié pour des raisons de réductions budgétaires.

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