Pâte à modeler: Dis-moi à qui tu écris, je te dirai qui tu es
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Pâte à modelerDis-moi à qui tu écris, je te dirai qui tu es

Non, il n'y a pas que la 3D pour animer une belle histoire. La preuve avec le savoureux «Mary et Max».

par
Fred Ferrari

Un échange épistolaire, sur une durée de vingt ans, entre une gamine australienne et un vieux bougon new-yorkais, mais qui cela pourrait-il intéresser, surtout à notre époque d'immédiateté et de sites communautaires sur internet?

­Cette question, le réalisateur Adam Elliot se l'est posée. Et il s'est souvenu de sa propre amitié par papier interposé, il a ressorti des cartons remplis de lettres, redécouvert la richesse de son correspondant, qui semblait si diffuse dans la durée. Il en a tiré «Mary et Max», l'étonnante conversation écrite entre une petite fille joufflue et solitaire et un obèse atteint du syndrome d'Asperger (une forme d'autisme léger).

Et comme dans une bonne vieille correspondance, il y a glissé quelques considérations sur l'alcoolisme, le sport, la taxidermie… Le tout est réalisé en pâte à modeler, qui, jusqu'à preuve du contraire, dégage une chaleur, une émotion à la cheville de laquelle n'arrive pas le plus sophistiqué des films d'animation en 3D. On ne peut que vous conseiller cette délicieuse fable nourrie par la passion du cinéaste Adam Elliot, dont «Mary et Max» est le premier long métrage mais qui avait raflé l'oscar du meilleur court métrage d'animation en 2004 pour «Harvie Krumpet». Une passion dont témoigne l'entretien avec le réalisateur qui constitue le plat de résistance de cette galette.

Mary et Max

D’Adam Elliot.

Warner. Disponible dès le 10 février.

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