Chine - Tiananmen: Discussions censurées par Pékin
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Chine - TiananmenDiscussions censurées par Pékin

Le 4x4 qui a foncé lundi sur la foule sur la place Tiananmen était peu mentionné mardi dans les médias chinois. Les récits non autorisés de l'événement sur les réseaux sociaux étaient censurés.

Le traitement réservé à l'affaire par les quotidiens chinois, qui la reléguaient à un titre en bas de une et se contentaient des brefs compte-rendus, reflétait les restrictions imposées par les autorités. Les journaux chinois reçoivent habituellement des instructions directes du gouvernement sur la couverture d'événements considérés comme subversifs par le Parti communiste au pouvoir, qui a durci ces derniers mois son contrôle des médias et d'internet.

Les Nouvelles de Pékin, un quotidien dont la voix est considérée généralement plus audacieuse, a donné la priorité mardi à la couverture d'une grève de docteurs dans l'est de la Chine, et s'est contenté, comme les autres titres, de republier la dépêche de l'agence officielle Chine nouvelle.

Les médias d'Etat ont insisté sur les efforts pour porter secours aux victimes et n'offraient aucune précision sur le caractère délibéré ou non de la sortie de route du véhicule -- qui a fait 5 morts et des dizaines de blessés.

Un site internet, Uighurbiz.net, a indiqué qu'un journaliste avait reçu un ordre du gouvernement indiquant qu'«aucun contenu, photos ou vidéos ne pouvait être ajouté (au compte-rendu officiel)» et que «le titre ne pouvait être changé», intimant par ailleurs de fermer l'histoire aux commentaires des internautes si ces derniers «ne pouvaient être contrôlés». Cette instruction des autorités n'a pu être confirmée par l'AFP. Des articles du journal Nanfang Dushibao ont été rapidement supprimés après leur diffusion sur son site internet.

Bien qu'ayant son siège à 1.900 km de Pékin, il s'agit apparemment du seul grand journal à avoir diffusé sa propre couverture de l'événement.

Les réseaux sociaux chinois, surveillés de près par les autorités, avaient rapidement diffusé lundi des images de la place Tiananmen après l'explosion, et des discussions d'internautes se demandant s'il s'agissait d'un acte protestataire.

Des récits de témoins oculaires ont été promptement supprimés. L'un d'entre eux, qui avait posté des photos sur le très populaire site de microblogs Sina Weibo, équivalent chinois de Twitter, a été contacté par des employés de ce réseau social qui l'ont enjoint de ne pas diffuser d'autres informations, a-t-il indiqué à l'AFP sous couvert d'anonymat.

Sina Weibo emploie selon les médias chinois des milliers de personnes pour surveiller les contenus diffusés par les utilisateurs et censurer les posts à caractère politique abordant des sujets jugés sensibles. Les chaînes de télévisions chinoise n'ont pas diffusé d'images de reporters s'exprimant depuis la place Tiananmen, et les forces de l'ordre ont interpellé des journalistes qui photographiaient les lieux, leur intimant l'ordre d'effacer leurs clichés.

(ats)

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