Canton de Fribourg: Disparition d'Emilie, l'enquête va être rouverte
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Canton de FribourgDisparition d'Emilie, l'enquête va être rouverte

Le parquet fribourgeois devra enquêter pour savoir si des manquements institutionnels sont liés à la mort de la jeune autiste, Emilie dont le corps avait été retrouvé dans le lac du Schiffenen en novembre 2013.

Les juges suppléants du Tribunal cantonal de Fribourg ont renvoyé le dossier au procureur général. Cette décision est parvenue jeudi aux différentes parties. Cette décision est parvenue jeudi aux différentes parties. «C'est la première bonne nouvelle depuis 18 mois», indique à l'ats l'avocat de la famille, Me Nicola Meier, confirmant une information du journal Le Temps.

La Chambre pénale a partiellement admis le recours des proches de la victime contre le classement de l'affaire par le Ministère public du canton. Les juges suppléants du tribunal cantonal, dont les membres ordinaires s'étaient récusés dans cette affaire, ont estimé que le parquet aurait dû examiner si les infractions d'homicide par négligence ou de mise en danger pouvaient entrer en ligne de compte, ce qu'il n'a pas fait.

Marche à suivre

En choisissant de donner raison à la famille sur cette partie, «les juges indiquent également une marche à suivre», explique Me Nicola Meier. L'enquête devra établir si l'institution, la Fondation Les Buissonnets, a des règles adéquates pour les personnes qu'elle accueille et si, dans un deuxième temps, celles-ci ont été appliquées dans le cas d'Emilie. Une distinction qui est importante pour établir les responsabilités des acteurs de l'affaire, souligne l'avocat.

En revanche, les magistrats ont écarté l'ouverture d'une enquête pour meurtre, comme l'avait fait le procureur général, Fabien Gasser. Dans son ordonnance de non-entrée en matière, celui-ci relevait le manque d'éléments permettant d'accréditer la piste criminelle. Il avait donc classé l'affaire début 2015.

Pas surpris

Mais le magistrat n'est pas surpris par la décision des juges. A priori, les liens de causalité entre la structure et Emilie n'étaient pas évidents, indique-t-il. Ce qui explique pourquoi il avait traité cette affaire comme «une levée de corps». Par la suite, «j'avais moi-même invité la chambre pénale à me renvoyer le dossier, explique-t-il, afin de le lire sous un autre angle».

L'avocat de la famille, lui, considère par contre qu'il est «un peu prématuré de privilégier une piste plutôt qu'une autre». Mais il estime que si les enquêtes menées dans le cadre de cette instruction complémentaire devaient révéler des éléments criminels, cette décision juridique ne serait pas finale.

Résultats d'ici huit à douze mois

La suite, Me Nicola Meier va l'observer «avec la plus grande diligence» et attend «impatiemment les détails des enquêtes et des auditions» que mènera le procureur général. «On espère une première appréciation de l'affaire à l'automne 2015», conclut-il. De son côté, Fabien Gasser articule un calendrier de huit à douze mois pour présenter les résultats de l'enquête.

Disparue le 12 novembre 2013 de l'institution fribourgeoise qui l'hébergeait, la jeune Emilie, âgée de 15 ans a été retrouvée morte trois mois plus tard. La police avait mis en oeuvre de vastes recherches et étudié différentes hypothèses. (ats)

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