1er mai: Dispersion à Istanbul, foules de Moscou à Séoul

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1er maiDispersion à Istanbul, foules de Moscou à Séoul

Le 1er mai a donné lieu vendredi à de nombreux rassemblements un peu partout dans le monde. En Turquie, la police est intervenue en force.

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Comme les années précédentes, la police turque est intervenue pour disperser des manifestants qui souhaitaient célébrer le 1er mai sur l'emblématique place Taksim, décrétée zone interdite par le gouvernement islamo-conservateur.

Les forces de l'ordre ont utilisé la manière forte pour repousser le millier de personnes rassemblées dans le district de Besiktas, non loin de Taksim. Des échauffourées ont ensuite brièvement opposé la police à des petits groupes de militants d'extrême gauche.

Arrestations et plusieurs blessés

D'autres incidents isolés ont été signalés autour de la place Taksim, dont tous les accès avaient été fermés. Selon un bilan de la police, ces incidents se sont soldés par 203 arrestations et 24 blessés, dont 6 policiers.

Le représentant de Reporters sans frontières (RSF) en Turquie, Erol Önderoglu, a précisé que cinq journalistes avaient été arrêtés et un autre blessé.

Depuis deux ans, le président Recep Tayyip Erdogan interdit systématiquement les rassemblements de masse sur Taksim. Cette place était au coeur, en juin 2013, d'une vague de manifestations sans précédent contre la dérive islamiste et autoritaire de son régime.

Salaire minimum en Allemagne

En Allemagne, environ 400'000 personnes ont manifesté dans 470 lieux différents pour la fête du Travail. Principal mot d'ordre: la défense du salaire minimum entré en vigueur cette année, selon la confédération syndicale allemande DGB.

A Weimar (centre), une cinquantaine de militants d'extrême droite ont perturbé le rassemblement syndical. Quatre personnes ont été blessées et 29 interpellées, selon la police.

Dans la soirée, environ 18'000 personnes ont manifesté à Berlin et 1700 à Hambourg (nord) pour le traditionnel défilé «du 1er mai révolutionnaire» organisé par plusieurs associations d'extrême gauche et encadré par un important dispositif policier, selon les chiffres de la police. Le cortège entendait dénoncer la «gentrification» et «l'exclusion».

Baisse de participation en France

En France, les cortèges du 1er mai ont réuni, selon le syndicat CGT, 110'000 manifestants à travers la France (76'000 selon la police), moitié moins qu'en 2014, et 12'000 à Paris, contre 65'000 l'année dernière.

Quatre syndicats - CGT, FSU, Solidaires et Unsa - avaient appelé ensemble à manifester contre les politiques d'austérité en Europe. Des défilés étaient également organisés en région.

Portraits de Staline en Russie

A Moscou, environ 100'000 personnes, selon les autorités, ont pris part au défilé, organisé pour la deuxième fois au pied du Kremlin, depuis la chute, en 1991, de l'URSS. Certains agitaient des drapeaux russes et des ballons, un spectacle qui rappelait le temps de l'Union soviétique.

Dans l'ancienne capitale impériale, Saint-Pétersbourg, des manifestants ont arboré des portraits du chef de l'Etat russe Vladimir Poutine ainsi que de Joseph Staline.

A La Havane, les présidents cubain et vénézuélien, Raul Castro et Nicolas Maduro, ont salué les milliers de personnes qui ont défilé devant eux, répondant à l'appel à l'unité pour «le socialisme».

Flexibilité rejetée à Séoul

A Séoul, plus de 100'000 personnes, selon les syndicats, 38'000 selon la police, ont pris part à deux rassemblements distincts.

«Nous écraserons par une grève générale toute tentative du gouvernement de supprimer les droits des travailleurs», a averti le président de la Fédération des syndicats coréens Kim Dong-Man. Cela alors que le gouvernement conservateur cherche à rendre plus simples les embauches et les licenciements en vue, dit-il, d'introduire plus de flexibilité sur le marché du travail.

Varoufakis parmi les manifestants

A Athènes, le ministre des Finances controversé et très médiatique du gouvernement de gauche radicale, Yanis Varoufakis, s'est joint aux près de 2500 manifestants, d'après une source policière.

En Italie, des dizaines d'opposants à l'Exposition universelle de Milan ont défilé dans cette ville pour dénoncer un gaspillage d'argent public et le recours aux travailleurs précaires. Des casseurs ont saccagé des dizaines de magasins et de voitures et jeté pierres et cocktails molotov sur la police, qui a répliqué avec des gaz lacrymogènes. (ats)

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