Actualisé 02.05.2020 à 18:03

Genève

Des courses pour ceux qui ne peuvent plus se les payer

Une distribution de produits alimentaires et d’hygiène était organisée pour les plus démunis, samedi au bout du lac. Près de 1400 sacs ont été distribués.

de
Léonard Boissonnas
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 Plus de 2500 personnes ont attendu pour recevoir un colis samedi,à la patinoire des Vernets.(KEYSTONE/Martial Trezzini)

Plus de 2500 personnes ont attendu pour recevoir un colis samedi,à la patinoire des Vernets.(KEYSTONE/Martial Trezzini)

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L'attente a duré plusieurs heures. (Keystone/Martial Trezzini)

L'attente a duré plusieurs heures. (Keystone/Martial Trezzini)

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Un parcours précis a été mis en place pour la distribution pour éviter tout risque sanitaire. (KEYSTONE/Martial Trezzini)

Un parcours précis a été mis en place pour la distribution pour éviter tout risque sanitaire. (KEYSTONE/Martial Trezzini)

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Elan de générosité en pleine crise du Covid-19. Ce samedi, les plus précaires ont pu recevoir un sac d’aliments et autres produits de première nécessité, provenant des dons des Genevois. Plus de 2500 personnes se sont présentées. Cette opération de distribution s’est tenue de 10h à 15h, à la patinoire des Vernets. Elle était organisée par l’association La Caravane de Solidarité, en collaboration avec plusieurs organismes et institutions (Ville de Genève, La Comédie, pompiers, Centre social protestant (CSP), Colis du Coeur, Fondation Partage, Médecins sans frontières, HUG, Groupe Sida Genève, BioApply).

«Nous avons distribué aujourd’hui 1370 sacs, déclare Christophe Jakob, de La Caravane de Solidarité. Nous avons pu répondre à la demande, même si des personnes sont parties car il y avait 3h30 de queue.» Une forte affluence que confirme Alain Bolle, directeur du CSP: «Les gens sont venus sans discontinuer, décrit-il. Ils ont été patients, il y a eu une file de plus de 800 mètres.»

Riz, pâtes, sucre, set d’hygiène

Samedi dernier, une distribution avait également été organisée aux Vernets. «Il y avait 1200 personnes, mais nous n’avions que 600 colis, indique Tatiana Lista, de la Comédie de Genève, coordinatrice de l’opération. Là, nous sommes très contents, tout le monde a pu repartir avec un sac.» A l’intérieur des précieux colis: riz, pâtes, huile, sucre, cacao en poudre, sauce tomate, conserves de thon et de sardines, et un set d’hygiène avec savon, dentifrice, shampoing, papier toilette.

Un colis type
Un colis typeleo

L’ensemble de ces denrées et produits a été collectée vendredi, sur le parking de la patinoire, où 1200 sacs ont été préparés en amont. «Il y a toujours le même contenu, poursuit Christophe Jakob. Ces colis coûtent entre 17 et 20 francs. Les gens attendent des heures pour un sac de courses à 20 francs, cela montre bien la situation.»

La majorité des bénéficiaires sont des sans papiers, explique le bénévole: «Ce sont des personnes qui participent à l’économie genevoise,mais ont perdu leur emploi, et ne bénéficient pas des aides. Elles viennent des Philippines, d’Amérique latine, ou de Mongolie. Il y a beaucoup de femmes de ménage, certaines travaillent dans des hôtels.» «Ces gens ne sont pas dans les réseaux des services sociaux de la Ville», ajoute Tatiana Lista.

Un parcours précis

Dans le hall de la patinoire, un parcours précis a été mis en place, détaille-t-elle. Les personnes recevaient d’abord leur colis, puis un pôle d’information leur livrait renseignements en plusieurs langues et permettait de s’inscrire aux Colis du Coeur. Ensuite venait un point sanitaire Covid-19, où les personnes présentant des symptômes ont pu se faire tester. Un soutien était également organisé pour les victimes de violences conjugales. Le flux était sous la supervision de Médecins San Frontières, afin d’éviter tout risque sanitaire.

Au total, près de 120 personnes, dont une soixantaine de bénévoles et une vingtaine de pompiers, étaient sur le pont samedi pour assurer cette distribution. «Ce qui est important pour moi, c’est l’élan de solidarité des donateurs et des bénévoles, souligne Christophe Jakob. Nous avons été très sollicités, beaucoup de personnes au chômage technique ont voulu aider», se réjouit-il.

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