Nucléaire: Divergences sur les coûts du stockage des déchets
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NucléaireDivergences sur les coûts du stockage des déchets

Combien coûte le stockage des déchets nucléaires? Bien plus que ce qui a été estimé jusqu'à présent, explique une étude de la Fondation suisse de l'énergie.

Selon elle, la branche nucléaire «embellit» les coûts. L'organisation faîtière des exploitants de centrales conteste cette affirmation.

Selon l'Office fédéral de l'énergie (OFEN), le dépôt pour les déchets faiblement et moyennement radioactifs ne devrait être exploitable que dès 2050 et non 2035. Le site pour les déchets hautement radioactifs risque lui de n'entrer en service qu'en 2060.

Ce scénario n'est pas réaliste, estime la Fondation suisse de l'énergie. Dans neuf grands projets sur dix, les constructions ont du retard, assure-t-elle.

Les exploitants ne tiennent pas non plus compte des retards possibles en raison des oppositions juridiques. S'y ajoutent les oppositions juridiques, qui risquent de les retarder encore, ou d'autres mauvaises surprises dont les exploitants ne tiennent pas compte.

Frais supplémentaires

Selon la fondation, le processus se décalera encore de 35 ans. Avec pour conséquence des frais supplémentaires: les lieux de stockage actuels et la coopérative nationale pour le stockage des déchets radioactifs (Nagra) devront être financés plus longtemps. Elle évalue ce montant à 3,5 milliards de francs.

Les Fonds de désaffectation des installations nucléaires et de gestion des déchets radioactifs sont alimentés par les exploitants de centrales nucléaires. Mais leur contribution dépend justement de ces scénarios, rappelle la Fondation suisse de l'énergie.

Or les coûts de désaffectation et de gestion des déchets nucléaires de ces fonds ne pourront plus être couverts si ces scénarios reposent sur des hypothèses trop optimistes ou fausses. Au final, la Confédération devra mettre la main à la poche et donc les contribuables, critique-t-elle.

Swissnuclear est moins alarmiste. Tant que les conditions administratives et sociales restent stables, les délais pronostiqués par l'OFEN nous paraissent réalistes, a indiqué à l'ats le porte-parole Patrick Jecklin. L'OFEN prévoit toutefois de publier une nouvelle étude des coûts en 2016. (ats)

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