Bastian Baker est fier d'être toujours là
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Bastian Baker«Dix ans après, je suis toujours là, ça me rend fier»

Bastian Baker fête en 2022 une décennie dans la musique. Le Vaudois dresse le bilan de ces années folles.

par
Fabien Eckert

Bastian Baker fête en 2022 ses 10 ans de carrière. L’occasion pour le Vaudois de 30 ans de jeter un coup d’œil dans le rétro, mais aussi de se projeter dans l’avenir. Alors qu’il sort vendredi 14 janvier 2022 son cinquième album, «Stories of the XXI», il nous a reçus chez ses parents, à Villeneuve (VD). Pas un hasard: c’est là-bas que celui qui a tourné avec le Cirque Knie conserve tous ses trophées glanés au cours de la décennie passée dont ses sept Swiss Music Awards, deux Prix Walo, un MTV European Music Award, le trophée du Suisse de l’année ou sa dizaine de disques d’or et de platine.

Pourquoi est-ce que tous vos prix sont ici chez vos parents et pas chez vous?

Très souvent, mes parents étaient présents aux cérémonies. Je partais toujours tellement faire la fête en laissant tout derrière moi qu’ils récupéraient les prix. Je crois que c’est comme ça que ça a commencé à s’accumuler ici. C’est aussi une tradition sympa que ce soient mes parents qui gardent mes trophées. Comme je le dis avec humour, ça leur rappelle aussi que je fais un vrai métier (rire)!

Le trophée le plus important à vos yeux?

Ils ont tous leur petite histoire. Je trouve que celui de Chanson de l’année en Turquie en 2017 pour «Five Fingers» est quand même le plus exotique. Reste que celui qui m’a fait le plus vibrer est mon premier Swiss Music Award en 2012, celui de Révélation. Ça faisait six mois que j’étais dans l’industrie.

Un bon et un mauvais souvenir?

Des bons, il y en a énormément. Souvent, je mentionne ce concert au stade olympique de Séoul en 2014. J’ai encore l’impression aujourd’hui que c’était une blague, c’était tellement fou. Après, le Montreux Jazz Festival ou la grande scène du Paléo resteront des moments marquants. Dans les moins bons souvenirs, il y a les personnes qui sont parties trop tôt. Je pense à Claude Nobs (ndlr: fondateur du Montreux Jazz Festival décédé en 2013). Il m’a découvert et j’aurais bien aimé passer un peu plus de temps avec lui que les deux années où on s’est connus.

Si vous deviez résumer ces 10 ans de carrière?

J’ai eu une chance inouïe d’avoir pu vivre de ma passion. Je garde en mémoire tous les voyages, les rencontres, les succès. Ça va être dur de faire mieux ces dix prochaines années, mais c’est possible.

C’est bien parti pour puisque votre single «Dancing Without You» a été le titre d’un artiste suisse le plus joué en radio en 2021…

À mes débuts, deux ou trois personnes m’avaient dit que dans six mois on aurait trouvé un basketteur qui ferait la même chose que moi et que ce n’était qu’une passade. Dix ans après, je suis toujours là. Le carton de «Dancing Without You» est énormissime. C’est un accomplissement. Ça fait 65 semaines consécutives qu’il est dans le top 100 suisse, c’est le double de ce que «I’d Sing For You» avait fait il y a dix ans. S’il y a bien une industrie qui a montré qu’on pouvait être éphémère, c’est bien celle de la musique. Ça me rend fier de toujours être là.

D’ailleurs, vous sortez votre cinquième album…

Oui. Il y a des chansons, comme «No Secrets», que j’avais écrites en 2017. J’ai aussi écrit un morceau quand j’étais coincé au Costa Rica pendant le premier confinement. Je n’ai pas changé de recette, c’est la même que d’habitude. Ce sont des choses que je vis, que j’ai envie de partager, que j’observe, qui m’intriguent ou me révoltent.

Avec la maturité, c’est plus facile aujourd’hui d’exprimer vos émotions?

Non, au contraire, c’est beaucoup plus dur. Je regrette parfois la période où j’avais 17 ans. Je pouvais tout écrire en étant persuadé que j’étais le seul à me sentir comme ça. Aujourd’hui, souvent, je laisse tomber ce que j’écris. Parce que je me dis que c’est trop cliché, que je l’ai déjà dit dans une autre chanson ou que j’ai déjà utilisé cette même tournure.

Dans dix ans, vingt ans, vous vous voyez où?

Dans l’idéal, toujours musicien. Mais franchement, je prends les choses comme elles viennent, jour après jour. Encore plus aujourd’hui avec la pandémie. Là, mon avenir proche, c’est, j’espère, pouvoir foutre le feu aux Docks à Lausanne le 12 mars 2022 lors de mon concert. Ça fait tellement longtemps que j’ai envie de fêter ces dix ans dans cette salle mythique.

Pour finir, que dirait le Bastian Baker de 2022 à celui de 2011?

Mec, tu vas bien t’amuser!

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